2008, le sommet du G8 se tient au japon. Un satellite chinois vient s’écraser près des rives du lac Toya où se déroule la réunion. Avec lui apparaît le monstre géant Guilala, détruisant tout sur son passage. Toutes les armes terrestres s’avérant inefficaces pour le contrer, le seul espoir semble résider dans une divinité du folklore local, le dieu protecteur Take-Majin…
Kawasaki Minoru, roi incontesté du bestiaire le plus improbable du cinéma mondial se pique de revisiter à sa façon toute personnelle le kaijū eiga [1], genre populaire entre tous dont les intrigues souvent naïves et manichéennes servies par une esthétique bricolée, rejoignent idéalement l’univers bariolé du cinéaste indépendant. Avec Guilala, un de ses plus pittoresque bien qu’éphémère représentant, il s’approprie un imaginaire cousu main, qu’un zeste de savoir-faire maison remet au goût du jour.
C’est là où le bât blesse : malgré une évidente sincérité, le film va hésiter en permanence entre la franche parodie et le monster moviepremier degré, loin de la tonalité spécifique et du charme désuet des œuvres précédentes du réalisateur. Bref, l’alchimie ne prend pas. La faute surtout à une première partie désespérément mollassonne, voire interminable avec les palabres des différents dirigeants du G8 se livrant tour à tour à un numéro de caricature poussive avant de proposer leur solution personnelle pour liquider l’encombrant alien[2]. Sans aucun résultat, on s’en doute. Guilala, tel un pantin sans maître s’ennuie alors ferme, et nous avec !
L’intrigue parallèle de la secte adoratrice de la divinité, esquissée dans le prologue, peut alors venir au secours du scénario déficient. L’histoire y gagne en rythme, l’arrivée de Take-Majin dynamisant un ensemble jusque-là trop pépère et sans grand intérêt, même au quinzième degré. La touche de délire qui manquait, si l’on préfère. Quant à la participation précédemment annoncée ici-même de Beat Takeshi, elle relève plus du simple argument marketing que d’une collaboration véritable. Kitano se contente en effet de prêter sa voix au sauveur de l’humanité[3] qui aura raison de la créature spatiale. Même si l’inimitable phrasé entre tous reconnaissable, ajouté au capital de sympathie instantanée du bonhomme occasionnent un clin d’œil bienvenu, la chose reste relativement anecdotique, qui plus est cantonnée aux dernières minutes du long-métrage. Il faudra de toutes façons se contenter de ce minimum-là.
Finalement, le remake rejoint son modèle dans la même déception, celle d’une promesse non tenue de cinoche 100% nanar.
- ギララの逆襲/洞爺湖サミット危機一発
- Japon 2008.
- Shochiku
- Avec Katō Natsuki, Katō Kazuki, Kitano Takeshi, Lily Franky…
- www.cinemacafe.net/official/guilala/
