Le groupe taiwanais The Chairman est connu pour son implication dans la culture Tai-ke, une culture 100 % taiwanaise qui fait la part belle au dialecte taiwanais, aux traditions et aux cultes insulaires, mais aussi à la bière (taiwanaise, évidemment !), aux noix de bétel et à leurs vendeuses, les betelnut beauties dont nous avons déjà parlé.
Leur dernier album, The Gods Bless Taiwan enfonce un peu plus le clou. Chanté intégralement en dialecte taiwanais afin de marquer un peu plus la différence avec la Chine populaire d’en face, il se base sur la tradition des huit généraux, ces « policiers de l’Enfer » chargés d’escorter les divinités et de les protéger des esprits maléfiques. Parmi ces huit géneraux, quatre incarnent l’esprit des quatre saisons, et ce sont ces personnages (et leur maquillage traditionnel) qu’ont choisi les quatre compères du groupe pour leurs concerts. Vous trouverez un article (en anglais) un peu plus détaillé sur cette tradition avec de très beaux portraits ici.
Les neufs morceaux qui composent l’album nous plongent au cœur des cérémonies traditionnelles, de l’Opéra taiwanais ou encore des champs de riz du sud de l’île, et le dernier morceau égrène même une liste de mets taiwanais qui donnent l’eau à la bouche ! Pour composer cet album, les musiciens ont eu recours à tout un arsenal d’instruments et de mélodies traditionnels qu’ils ont mélangé à du rock, et le résultat est une petite merveille musicale qui montre qu’il est tout à fait possible de faire du rock sans oublier ses racines !
Vous pouvez écouter un aperçu de l’album en vous rendant sur le site Indievox.
