Pour son deuxième récit de voyage, nous suivons Guy Delisle lors d’un voyage de deux mois réalisé en Corée du nord. Tout comme dans Shenzhen, l’auteur se retrouve parachuté dans un pays asiatique en tant que superviseur de l’animation pour une entreprise française. Cette fois cependant, c’est dans un des pays les plus fermés du monde. Une excellente occasion pour nous d’en apprendre un peu plus sur ce pays, sa culture et l’immense culte voué par le pays tout entier à Kim Il-Sung et à son fils, Kim Jong-Il.

Cet opus reprend l’ossature de Shenzhen dans sa conception, à savoir un récit découpé en séries de 16 pages, chaque série ayant un fil conducteur précis.

Guy Delisle réussit le pari de nous faire sourire tout au long du livre à travers des anecdotes bien souvent plutôt graves. La crédulité du peuple nord-coréen à l’égard de son leader est par exemple sujete à quelques clins d’œil amusants, même si le fond est bien présent.

Car la force de ce récit est de nous faire prendre conscience de l’enferment dans lequel vivent les 24 millions d’habitants de ce pays, et la force du régime à contrôler tout un peuple grâce à une propagande omniprésente et à une terreur savamment entretenue.

La ferveur des Nord-Coréens avec qui Guy Delisle a l’occasion de discuter est particulièrement aberrante, car ces derniers sont ceux qui côtoient le plus d’étrangers, et qui sont donc potentiellement les plus à même de se faire une opinion autre que celle que leur cher leader veut bien leur donner… pourtant, à les entendre, c’est la faute des sales impérialistes américains si on manque de tout à Pyongyang, et ce sont bien entendu ces mêmes traitres yankees qui empêchent la réunification des deux Corées…

Pyongyang fascine et intrigue, et on referme le livre avec une envie d’en apprendre plus sur le pays. L’occasion peut-être de se plonger dans d’autres lectures comme les Aquariums de Pyongyang ou des documentaires comme celui de Christian Amanpour, journaliste à CNN.

[box]Un extrait est disponible sur le site de l’auteur.[/box]