Miki et Mai sont deux étudiantes insouciantes venues profiter du soleil et de la plage à Sunny Beach, coin tranquille d’une île tropicale. Occupant un bungalow au bord de l’eau loué par un charmant jeune homme, elles commencent à profiter des bienfaits des vacances. Mais tandis que son amie flirte ouvertement avec leur logeur, Miki passe de longs moments seule dans sa chambre, ayant découvert des films laissés là par les précédentes locataires. De quoi susciter son angoisse alors que s’épaissit le mystère et que rôde aux alentours un dangereux et insaisissable tueur des mers…
Dans le domaine du cinéma de genre, les petits films font souvent office de précurseurs derrière lesquels les gros projets mainstream s’engouffrent en n’oubliant pas de se réapproprier quelques idées novatrices. Un incessant flux et reflux puisque tout un tas de productions bon marché se bâtiront à leur tour, suite au succès d’un blockbuster marquant et rentable. L’histoire regorge de ces copies plus ou moins conformes dont un Roger Corman s’est fait le spécialiste[1], sans oublier la franchise Les Dents de la Mer qui génère quasiment un succédané par an depuis 1975.
Autant dire tout de suite que Psycho Shark figure la catégorie la plus bâtarde des enfants du Jaws original. Alors que le spectateur était en droit d’attendre un sympathique nanar jubilatoire surfant sur la peur légendaire des requins tout en lorgnant ouvertement vers l’exploitation avec son lot de bikinis affriolants, voilà qu’il se retrouve face à un véritable non-film dans lequel il ne se passe strictement rien. Dépourvu du moindre talent, le réalisateur nous assène sans le moindre lien un ensemble des gimmicks de ce qui a marché dans un passé plus ou moins récent. Ainsi la cassette de Ring côtoie-t-elle le vrai-faux reportage à la Blair Witch Project, tandis que la scène de la douche empruntée à Psychose renvoie au suspens des Dents de la mer. Sauf qu’il faudrait un minimum de mise en scène, de sens du montage et de direction artistique pour prétendre au statut de projet cinématographique, si ce n’est d’humour ou au moins de clin d’œil et de second degré pour faire avaler un tel bouillon de culture. Faute de quoi la petite heure que dure le moyen métrage paraîtra encore trop longue aux plus patients d’entre nous. Ceux-là découvriront alors avec perplexité voire effarement la séquence ultime où un gigantesque poisson surgit de nulle part, histoire de justifier le titre, avant de planer au-dessus des survivants tel un personnage des studios Pixar qui se serait serait trompé de plateau. Il faut le voir pour le croire.
On pourra toujours rétorquer que la véritable finalité de la chose reste la contemplation d’une bande d’Idoles affublées de maillots de bain choisis, bien entendu, une taille en dessous. C’est vrai qu’avec la vision des ballotages intempestifs de Takizawa Nonami, ou de cadrages orientés sur les attributs des copines, l’amateur ne sera pas déçu question fan-service. Mais à tout prendre et quitte à mater, mieux vaut se reporter à la pléthore de DVD de la demoiselle, bien mieux filmés et finalement moins hypocrites, vu qu’on se doute bien que ce ne sont pas franchement ses talents d’actrice qui intéressent monsieur Hijiri.
On se demande de quel cerveau dégénéré a pu sortir la gestation de cet insipide direct to video dont le foutage de gueule final entérine la nullité. Ou le vide abyssal, si on préfère.
- ainsi Mutant/Forbidden World, pâle resucée du Alien originel, pour n’en citer qu’un seul [↩]
