Connaissez-vous les sœurs Kanō ? Au Japon, Mika et Kyōko Kanō, qui ont ouvert le Festival de Cannes en 2004, sont de véritables institutions depuis plusieurs années. Outre le fait qu’elles aient remporté chacune des prix de beauté dans leur jeunesse, dont un Miss Japan pour Kyōko, lorsqu’on veut parler de japonaises « scalpélisées », les Kanō sisters pointent leurs nez refaits, sans parler du reste… Yeux, pommettes, lèvres, menton, poitrine etc. Comme Super Jaimie, elles ont entièrement été reconstruites sur une table d’opération. Tout en plastique, comme les poubelles…
Et oui, il n’y a pas qu’aux USA que l’on peut trouver des mutantes et autres expériences plus ou moins réussies de laboratoire. Le Japon a également sa foire aux monstres. La première du genre fut Hirota Mieko, désormais sexagénaire avec un visage évoquant un grand brûlé en attente urgente de greffe de peau. Elle est désormais bien talonnée par Matsuda Seiko, les sœurs Kanō, et bien évidemment, la très prometteuse Hamasaki Ayumi qui, à même pas trente ans, a déjà sa carte de fidélité chez les meilleurs chirurgiens nippons et coréens…
Toujours est-il qu’entre deux sessions de photos plus ou moins dénudées, de ventes de DVD dans le même genre, ou de produits de beauté, Mika, la cadette des deux sœurs, du haut de ses 36 ans, bien qu’elle en fasse dix de plus par abus de chirurgie, se relance dans la chanson sous le nom de Super Beauty Mikarin, après un générique chanté voici quelques temps pour un film. Piquant tout aux Pink Lady et à la série animée Cutey Honey, et avec aux commandes le guitariste d’Hamasaki, Nomura Yoshio, elle nous sort un O.SU.SO.WA.KE – Puru Purun No Cute No Bon ! formidable de mauvais goût et de ridicule.
Mika, habillée avec le minimum syndical, toute emperlouzée et flashante, exécute une chorégraphie somptueusement kitsch et dans un play-back laborieux. A chaque refrain, elle remue ses seins qui ne bougent pas d’un centimètre, ce qui arrive toujours quand on les achète sur catalogue… C’est bourré d’onomatopées débiles (papayapaya, tchatchatcha…) et la chanson se montre extrêmement entraînante. Et comble de tout, Mika est accompagnée de deux « cutey monsters » derrière elle, en fait des types déguisés comme ceux qu’on croise à Disneyland. Tout cela forme un résultat hallucinant. C’est presque génial tellement c’est nul et drōle et on se surprend à se le repasser en boucle voire même à danser dessus puisque le single offre dans sa pochette un lexique illustré permettant d’apprendre par le menu toute la chorégraphie.
Un single à prendre au dernier degrés et digne de Shingo Mama et autres Tetsu & Tomo. Il n’y a qu’au Japon que l’on voit des choses comme ça.
- O・SU・SO・WA・KE プルプルンのキュッのボン !
- Japon 2004.
- Pony Canyon.
- www.ponycanyon.co.jp/asianbeauties/
