Matsugane Yōko, une des plus plantureuses idoles du moment, entretient le mythe de la femme totalement inaccessible pour la tourbe que nous sommes mais il est encore permis de rêver en ces temps difficiles. Article for men.
Le terme « idoles » a plusieurs sens au Japon. Lorsqu’on est un amateur de produits made in Japan, et que l’on en parle, on pense tout de suite à ces gamines qui ânonnent et gesticulent sur le devant d’une scène. Les Morning Musume, AKB48 etc. Tout ça sont des idoles. Mais on ne sait pas toujours que la catégorie idoles regroupe aussi d’autres filles n’ayant pourtant rien à voir avec l’industrie de la chanson. En effet, les idoles, c’est aussi une branche désignant des filles, japonaises évidemment, mais posant pour des photographes et le plus souvent en maillot de bain.
À vrai dire, ces nanas ne sont pas des idoles mais des grabia, terme assez laid venant de la mauvaise prononciation des Japonais sur le mot« gravure ». Ça, dès qu’il y a les lettres « V » ou « R » dans un mot étranger, ça va tout de suite partir dans des directions farfelues avec eux. Il est très amusant de constater que l’incapacité des Japonais en matière de prononciation correcte de mots étrangers donne naissance à des néologismes. Les grabia ne versent pas dans l’érotisme, le topless, et encore moins la pornographie. Ces filles sont clean. Elles posent le plus clair de leur temps en bikini, sortent à la pelle des tonnes de photobooks, de vidéos, et, faute de pouvoir donner des concerts, multiplient les rencontres en direct-live avec les fans, toujours pour y vendre quelque chose naturellement, dans les plus grandes villes du Japon, et parfois en dehors du pays pour les plus connues. Un boulot à plein temps et une vraie sinécure ! Elles se montrent, ne font rien, et on les paie grassement.
Matsugane Yōko est l’une de ces fonctionnaires de charme, et en la voyant, on comprend de suite pourquoi ! Yōko fait partie de cette caste d’idoles que Mère Nature a généreusement pourvu en matière de pare-choc. 95H de tour de poitrine ! C’est pas rien. Le H représente le bonnet (« cup » en anglais et terme repris par les nippons), la profondeur du sein. Mais oui ma bonne dame, une japonaise bustée, ça existe ! Elles sont même de plus en plus nombreuses depuis vingt ans et les plus connues de ces grabia portent les noms de Megumi, Natsume Rio, Nemoto Harumi etc. Les habitudes alimentaires ayant changé, le régime rébarbatif et monotone qu’est poisson-fruits de mer et riz vapeur étant de plus en plus délaissé pour de la nourriture occidentale, saturée de lipides, les morphologies des nipponnes se sont transformées du tout au tout en l’espace de quelques années. Les dents, pour commencer, changent et pas qu’en bien comme on peut le voir chez certaines… Mais aussi la taille et enfin, les mensurations. L’homme japonais est également touché par ces changements, mis à part pour la poitrine évidemment… Notons aussi que ces idoles pulpeuses sont parfois appelées, mais moins souvent, des fudolu, contraction du mot fuzoku, qui sont des filles à formes mais offrant leurs « services » moyennant finances par l’entremise de boîtes spécialisées, et idolu, les idoles. Mais les fudolu ont une connotation péjorative assez déplaisante. De toutes façons, le mot grabia, ou idoles tout simplement, est bien suffisant. Inutile de se la jouer avec des termes barbares.
Voir une fille comme Matsugane Yōko peut faire un choc pour ceux qui seraient encore restés sur le stéréotype de la petite japonaise filiforme, au torse plat. Qu’ils commencent à faire leur deuil car c’est une espèce en voie de disparition ! Quant à ceux qui pourraient brandir l’explication de l’opération chirurgicale et la pose de poches remplies de silicone ou de sérum physiologique, qu’ils s’achètent des yeux ! Yōko, c’est du 100% naturel et ça se voit. A part quelques exceptions, les Japonaises n’ont pas succombé à ce genre de mode. Los Angeles est bien loin ! Toujours à propos d’attributs factices, remarquons aussi que Yōko n’est pas décolorée, ni tartinée d’autobronzant ; elle ne porte pas d’ongles grotesques en plastique de toutes les couleurs et encore moins de semelles compensées. Naturelle, c’est le mot qui lui convient le mieux.
Matsugane Yōko est une Rolls ! Les mêmes courbes, le même profil tout en rondeur, un engin de chrome super luxe qu’on ne pourra jamais conduire et qu’on ne peut qu’admirer devant une vitrine. Mais ce n’est pas seulement une paire d’airbags sur pattes. A regarder son visage, on se dit que même plate, elle aurait pu réussir sans problème. Cette bouille, rappelant un peu un visage vietnamien, à l’instar de Tachibana Kana du groupe de J-pop Dream, ces beaux yeux ronds et brillants, ces grosses joues à fossettes et un sourire désemparant montrant des dents de perle et parfaitement rectilignes. Ajoutons à tout cela une classe folle et une photogénie indubitable et vous obtenez la crème desgrabia du moment. Au contraire d’autres idoles dans le même style, sa poitrine n’est pas son seul atout. Oui, j’en vois déjà disant que c’est moche, qu’elle est grosse, que ça pend etc. Là-dessus, on ne peut convaincre les gens qui ont des critères différents en matière de féminité. Néanmoins, mêmes les magazines de mode commencent à larguer ces mannequins osseux, taillés comme des lévriers afghans, pour revenir à des femmes avec des formes et qui, finalement, ressemblent un peu plus à celles que l’on rencontre dans la vie de tous les jours. Après tant d’années de dictature anorexique et de culpabilisation forcenée sur le fait que, les femmes ne rentrant pas dans du 36 sont grosses, ça fait du bien. Matsugane Yōko plaira avant tout aux esthète de la femme femme. Mettons-nous bien d’accord. Cet article à caractère sulfureux n’est pas signé par un obsédé frustré et en manque de chaleur humaine féminine. Votre serviteur va très bien et a une vie privée épanouie. Simplement, même avec tout ça, un homme reste un homme et quand il voit une belle femme, que ce soit dans la rue ou sur une photo, si ça lui plaît, il la regarde. Il faut sortir de cette abîme d’hypocrisie. Un type, même en couple, regardera les autres nanas. Il n’y a rien de mal à ça. Et puis les filles font la même chose de leur cōté. On vous connaît mesdemoiselles !
Agée de 21 ans, on sait très peu de choses sur Matsugane Yōko avant qu’elle ne débarque, presque à l’improviste, dans la Voie Lactée desgrabia. Gageons qu’il était plus facile et plus intéressant lucrativement parlant pour elle de se mettre en bikini que de finir comme hōtesse d’accueil, les fameuses et si péjoratives « office lady ». En un peu plus de cinq ans de carrière, Yōko a déjà acquis un nombre astronomique d’admirateurs et une superbe cote. Ses exhibitions dans les différentes villes du Japon pour présenter un nouveau DVD ou un photo book, ce dont les fans japonais parlent très régulièrement sur les sites non-officiels, amènent toujours un lot assez conséquent de visiteurs, faisant la queue pendant des heures pour avoir le privilège de se faire dédicacer le précieux objet par la belle, et ō suprême bonheur, lui serrer la main.
Qu’est-ce qu’une idole comme elle, qui ne chante pas et qui est à des années-lumière de l’industrie du porno, peut bien faire dans un DVD me direz-vous ? Et bien, c’est une spécialité typiquement japonaise. Dans ces vidéos, durant le plus souvent une quarantaine de minutes, il ne se passe strictement rien ! Pas de poursuite de voiture, pas de coups de feu et pas d’Américains qui sauvent le monde. Ce n’est pas un film, il n’y a aucun scénario et très peu de dialogues. Tout est pour le plaisir de l’œil. Dans de petites saynètes de quelques minutes chacune, et accompagnée par une musique cheap, Yōko court sur la plage (en maillot de bain), prend une douche (en bikini) puis se prélasse au soleil sur le bord d’une piscine (en marbre). Une œillade par-ci, un sourire par-là, il faut bien meubler… Des DVD extrêmement vides de sens. Yōko parle aussi, une voix assez déplaisante par rapport à son physique, un peu haut perchée. On lui pose des questions, sommes toutes, très banales, et elle répond. Ce qu’elle aime dans la vie, ses goûts. On la voit aussi au naturel, dans la vie de tous les jours. Dans le DVD Dulcet, par exemple, Yōko mange au resto, chante au karaoké etc. Dans Enrapture, elle fait du sport aussi. Du golf, sport qu’elle pratique réellement dans la vie. Chacun de ses swings, effectués en maillot de bain évidemment, provoque une accélération cardiaque et l’on se demande si autre chose, tout aussi rond que la petite balle, ne va pas aussi partir en même temps ! Tous ces saynètes sont banales, pour ne pas dire ennuyeuses et nulles, mais c’est Matsugane Yōko qui est dedans et le moindre petit geste d’elle va attirer le regard. Ce n’est pas donné à tout le monde de captiver l’attention avec rien ou presque. Remplacez Yōko par Mimi Mathy et le DVD sera violemment projeté dans le mur. On pense aussi à ces faux mannequins des années 90, les Claudia, Cindy et autres Naomi, qui produisirent quantité de vidéos dans le même style ou sous le couvert pédagogique (cours d’aérobic par exemple) mais que des tonnes de mâles en rut achetaient juste pour se rincer l’œil et le reste…
Matsugane Yōko, c’est du rêve, uniquement ça. C’est la femme idéale que personne ne rencontrera autrement que par le biais d’une photo ou d’un DVD. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Et tant que le monde rêvera, son avenir et celui de ses copines dans le même style, est assuré. Elles poseront jusqu’au bout, le temps de bourrer au maximum leur tirelire pour enfin prendre leur retraite à 30 ans, se marier avec un homme d’affaires japonais très riche, et plus vieux qu’elles, pour boire des daiquiris multicolores sans fin sur une plage des Tropiques au sable blanc… Triste destin me direz-vous ? Pas tant que ça ! Pensez à tous ces pauvres filles qui triment chez Pizza Paï huit heures par jour pour un salaire de misère et qui maudissent Mère Nature parce qu’elles ne font que du 85B de tour de poitrine !
- 松金洋子
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