Une compilation de pop khmère. Pourquoi pas ? Le genre existe et se porte plutôt bien même si son audience se cantonne au marché local ou à celui des expatriés.
Il faudrait d’ailleurs surtout parler ici de pure variété. Une production tout ce qu’il y a de standard avec des mélodies calibrées pour émouvoir ou titiller l’imagination des jeunes filles (ou gars) du cru. Une succession de chansonnettes en mode couplet-refrain avec une orchestration ad-hoc et on passe à la suivante. Non, non, ce n’est pas la même chanson déclinée sur dix variations ! Ambiance romantique affichée, quelques tempos plus rock, au moins on a évité l’omniprésent R&B. Pas de quoi fouetter un chat, c’est sûr, mais le phrasé inimitable des petites starlettes ou des bellâtres cambodgiens fait passer l’excès de guimauve en douceur. La chose est d’ailleurs bien plus flagrante enlive où les imperfections techniques sont compensées par l’application voire l’enthousiasme (plus ou moins calculé). Assister à un concert de « Khmer-pop » dans une ambiance de podium de Tour de France est un moment dont on se souviendra avec sympathie.
Qu’importe alors que nos interprètes (et avant eux leurs producteurs) du jour soient directement influencés par tout ce qui marche chez leurs voisins économiquement forts. Imitations de la J-pop donc, et plus encore de la florissante et proche canto-pop, ces ritournelles kitsch conservent une touche de naïveté involontaire, ce qui rend cette anecdotique soupe sonore encore digeste. Un parfait équivalent musical aux bouquins de la collection Harlequin.
- Cambodge 2008.
- M Production.
