Sakura, un groupe folklorique japonais exclusivement féminin formé en 2003, s’est produit durant une semaine à l’Opéra de Lyon, en parallèle aux trois spectacles lyriques officiels présentés dans le cadre d’un festival consacré à l’archipel.
Le répertoire des trois Sakura, accompagnées pour certains morceaux par deux danseuses, se compose essentiellement deminyō et shin minyō, autrement dit des chants traditionnels pour danser, des airs plein d’allégresse voire carrément humoristiques, d’autres encore, utilisés par les différents corps de petits métiers pour se donner du coeur à l’ouvrage. Le trio y ajoute quelques matsuriuta ou chants de festivals, ces célébrations rituelles et festives toujours très présentes dans le calendrier nippon, ainsi que d’autres chansons du répertoire populaire. Vivant en France depuis 1988 et leader du groupe, Matsumiya Nobuko (au chant et au koto) est également à l’initiative d’autres manifestations visant à diffuser en occident la culture japonaise : cérémonies du thé, concerts et lectures de haïkus, la dame se produit également en duo avec Ota Emiko, chanteuse et percussionniste des Sakura, la troisième membre étant alors Hihara Fumie, au chant et au shamisen. Le concert associe le minimalisme de la musique à une bonne humeur communicative, les chorégraphies surprenantes des deux filles rajoutant un un cōté ludique à l’ensemble, tandis que Ota Emiko assure le tempo avec son tambour omniprésent. Une orientation volontairement roots à l’exotisme revendiqué, sans pour autant que cela ne soit trop hermétique à un public peu habitué aux sonorités inhabituelles du shamisen et du koto, le répertoire choisi contournant aisément ce risque.
Un trio visiblement soudé qui fait partager sa passion en toute simplicité. Le moment est chaleureux et sincère, sans prétention, en plus d’être rare : ce style de refrains sont rarement accessibles à l’auditeur eurpéen, surtout en live, Sakura se targuant d’être le seul ensemble au monde à couvrir toutes les régions du Japon. En plus de pouvoir découvrir tout un pan de la culture locale, le concert aura également apporté un moment de rêveries aux spectateurs consentants ; entre le quartier des plaisirs de Gion[1] avec Gion Kouta, le chant des pêcheurs de gros de Hokkaidō (Sōran Bushi) ou O Edo Nipponbashi en l’honneur d’un pont fameux du Tōkaidō[2], le dépaysement est garanti, mais l’universalité musicale assure le lien nécessaire aux néophytes de la question. Rassurant de constater que la tradition n’a pas encore été étouffée par le formatage et la mondialisation ! Photos ©Jean-Paul Gobeau.
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