Adaptation relativement fidèle du bouquin éponyme, la version de Yukisada se permet toutefois d’indispensables variations jugées plus visuelles.

Ainsi le journal intime est remplacé par une série de cassettes audio, le voyage en Australie est mis au premier plan, la maladie d’Aki (Nagasawa Masami) est moins éludée. Mais surtout un troisième personnage est créé pour l’occasion : la copine actuelle d’un Sakutarō (Moriyama Mirai) devenu adulte, partie inexistante du matériel originel.

Célébrant un premier amour d’une pureté immaculée, Sekai Chūshin de, Ai wo Sakebu dépeint alors le mal de vivre de héros ayant de la difficulté à se libérer de ce passé inoubliable. Ce parfait mélodrame conventionnel utilise comme son modèle littéraire toutes les recettes inhérentes au sujet : décors pluvieux, triste hôpital, musique au piano, etc. Mais un peu trop long, et un peu trop chargé par le pathos sur certaines scènes, ce long-métrage s’avère simplement un peu trop respectueux des lois du genre. Une mécanique parfaitement huilée et efficace, mais sans génie. Au sein d’une distribution homogène où les deux tourtereaux adolescents sont très crédibles, on remarquera surtout la toujours excellente Shibasaki Kō. Même si elle écope d’un rôle au statut assez peu défini, son interprétation de jeune femme blessée par la vie et porteuse d’un secret bien caché est la plus belle réussite de ce film.

On se laissera ainsi porter par cette « love story » nippone, qui n’atteint jamais les sommets mais garde suffisamment de séduction pour ne pas lâcher l’histoire en cours de route. Après, si Yukisada Isao reste un cinéaste à suivre, on pourra toujours se demander le traitement qu’en aurait donné un Iwai Shunji…