Ang 5.0
Ang 5.0 (Angela Chang)

Le dernier album en date de la jolie taïwanaise, avec sa pochette aux faux airs de Rihanna, laissait craindre une énième variation R&B sauce locale. Fort heureusement, cet album d’une année 2007 finissante reste ouvertement dans la grande tradition de la mandopop. Certes influencé par la musique occidentale, mais avec ce (tout) petit supplément d’âme qui fait avaler la pilule du formatage et du manque d’originalité, les deux mamelles auxquelles s’abreuve l’industrie du disque actuelle à travers le monde.

L’ouverture passablement énervée (mais très éphémère) ne trompera personne : la suite ne sera en effet que gentilles ballades et plages tranquilles aux orchestrations soft. Rien de dérangeant ni d’agressif. La voix fluette de la dame s’accorde parfaitement à cette volonté de ne pas heurter son public. De la douceur, bon sang ! et accessoirement, de la bonne humeur.

Une fois la chose admise, on peut quand même trouver difficile à avaler cette succession ininterrompue de sirop musical : Bu Xiang Dong De (Don’t Want To Understand)romance impersonnelle, suivie d’une autre, et encore d’une autre. Le seuil de tolérance est dépassé avec Chuang Bian Gu Shi (Bedside Story), soupe écœurante aux cœurs enfantins faussement angéliques. Heureusement que Tou Hao Tian Xin (No. 1 Sweetheart) redresse la barre, un morceau enjoué où la voix de la belle s’adapte idéalement à la mélodie à forte connotation sixties et au refrain vite entêtant. Les « wo wo wo » sont charmants, l’orchestration un peu moins, on en conviendra. On n’en dira pas autant de Neng Bu Neng Yong Gan Shuo Ai (Can You Talk About Love Bravely), un truc éculé rappelant les pires heures de Roxette dans un style pop-FM à fuir de toute urgence ! La suite rachète un peu ce coup dur pour nos pauvres oreilles ; si les 2 instrumentaux finaux n’amènent strictement rien de plus, Le Yuan (Paradise) et Shei Ai Shei (Who Loves Who) sont au moins enlevés et chantés avec un peu plus de conviction.

Le principal problème de ce genre de galette , c’est que l’on se demande parfois qui chante, tant il semble difficile de différencier un tel album de celui de la concurrence, à savoir les autres actrices/chanteuses du coin, telles les hongkongaises Kelly Chen Wai-Lam, Cecilia Cheung Pak-Chi ou tant d’autres, florilège de petites voix évoluant dans le registre d’une séduction guimauve aux quelques rares montées en puissance. Un habillage sonore ad-hoc, et voilà la soupe resservie avec chaque fois les mêmes ingrédients. Ce qui rend celle-là digeste , en dehors d’avoir échappé aux couinements pseudo-sexy des allumeuses à deux balles, est sans doute la volonté affichée de privilégier une certaine candeur … sans nous laisser dupe un instant du calcul de producteurs préférant ratisser large. Alors, Ang 5.0, c’est quoi au final ? De la musique sans danger, idéale pour meubler les vides d’un début de soirée un peu coincé. Reste à savoir si on peut vraiment conseiller de la consommer sans modération.

18 avril 2008 Aucun commentaire
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  • 張韶涵
  • Taiwan 2007.
  • Linfair Records.