Rei, policière aux méthodes expéditives, doit récupérer un virus mortel aux mains de dangereux terroristes. Une délicate mission qui la confrontera à un passé douloureux et à des choix difficiles.
Zero Woman, édition 2004. Énième succédané d’une série inspirée dumanga de Tōru Shinohara dont la première adaptation cinématographique reste la meilleure : Les Menottes Rouges, un film dont les multiples avatars tournés directement pour le marché vidéo représentent une inexorable déchéance au pays du cinéma-bis.

Ainsi ce Zero Woman 2005 [1], fidèle à ses prédécesseurs. Le prologue annonce ouvertement la couleur : sexe et violence à gogo, la lumière rouge blafarde et la tonitruante musique métal accompagnant une séquence glauque à souhait, du cinéma d’exploitation sans la moindre surprise mais efficace. Autant le dire tout de suite : pour les amateurs du genre, ce sera à peu près tout. Un faux teaser speedé, sorte devideo game dégénéré, en décalage avec la suite qui va s’avérer beaucoup plus pépère. Le scénario qui pourrait tenir facilement sur un confetti, ne sera en effet jamais compensé par une quelconque inventivité de mise en scène, des effets choc ou un montage vitaminé. Non, l’intrigue prévisible se développe sans la moindre étincelle ou rebondissement pouvant relancer l’intérêt déjà bien minime, les scènes d’action sont platement filmées à grands coups de ralentis et de chorégraphie foireuse d’où tout rythme est absent ; quant aux rares moments humoristiques, ils s’avèrent aussi pitoyables qu’inutiles. On pourra toujours se gausser de cette histoire improbable de soit-disant dangereuse menace virale aux conséquences apocalyptiques : cantonnée dans un unique et minable hangar, l’affaire sera expédiée vite fait bien fait par une aventurière aux états d’âme aussi passionnants que son combat final avec un escogriffe tout droit sorti d’un jeu de baston sur console. Difficile donc de faire plus cheap. Hélas, Zero Woman 2005 ne parvient même pas au rang du nanar total qui le rendrait sympathique : pire que tout, il se prend au sérieux alors qu’il ne dépasse jamais le stade du produit de série formaté, simple recyclage poussif et purement mercantile d’un matériau originel autrement plus subversif. À l’instar de tous ces sous-produits finissant impitoyablement dans les bacs des soldeurs, le film n’a de prometteur qu’une jaquette aussi soignée que mensongère.
Promesses non tenues : quid du déluge de feu et d’hémoglobine, des situations sexy, de la dinguerie, autant d’éléments indispensables au cahier des charges de la série Z ? Même l’héroïne principale ne vaut pas tripette, Tôno Maiko manque par trop de charisme, sa jeune partenaire Yamanaka Megumi, gravure idolstandard, se cantonnant au rôle éculé de la partenaire un peu gourde, victime promise mais finalement courageuse, ouf !
Où sont les amazones effrontées du Pinky Violence ? Les tueuses des années 2000, mieux équipées que ces glorieuses aînées, sont pourtant loin d’être à la hauteur de leur sulfureuse réputation. Les temps changent. Si vous étiez venus alléchés par le délicieux mauvais goût des inimitables productions des années soixante-dix, passez votre chemin. Ici, tout est déjà dans le titre : zéro pointé.
- mais réalisé en 2004 [↩]
- 新 ゼロ・ウーマン 0課の女 再び…
- Japon 2005.
- Take Shobo Company.
- Avec Tōno Maiko, Suwa Tarō et Nishikawa Hiroshi.
