Unfair The Movie | Kobayashi Yoshinori
Alors que la petite Mio est hospitalisée suite à un attentat visant sa mère, des terroristes prennent possession du bâtiment. Leurs agissements vont remuer de sombres querelles internes au sein de l’institution policière, tandis que Yukihara décide d’investir les lieux pour récupérer sa progéniture.
Même s’il a délibérément cherché à reproduire la recette de son modèle télévisé en prolongeant directement les événements racontés dans l’épisode spécial de Unfair le drama originel, dire que Unfair The Movie n’a pas totalement réussi à en conserver la saveur spécifique est un doux euphémisme. Dirigé par un des membres de l’équipe à la base de la série, le film se présente comme une grosse machine utilisant les ficelles habituelles des blockbusters pour masquer un réel manque de conviction et d’inspiration.

Si l’apport de nouveaux personnages est intéressant en soi, la palme revenant au très ambigu Saiki (Eguchi Yosuke), le scénario hésite entre plusieurs pistes pour n’en choisir véritablement aucune, entre fidélité au pitch de départ et clin d’oeil appuyé au cinéma d’action hard-boiled. Entre attentat terroriste et magouilles financières des autorités en place, Yukihara se voit du coup un peu éjectée de son propre territoire, l’enlèvement de Mio ne devenant que très annexe, nous rejouant par dessus le marché le coup de la culpabilité maternelle bien plus développée et décrite dans la version TV. Redites donc, mais aussi manque d’originalité, intrigue confuse et guère enthousiasmante, nous voilà face à un produit bancal, délaissant sa spécificité japonaise pour lorgner outrageusement vers la saga Die Hard, avec Shinohara Ryoko en guise de Bruce Willis. Inspiration également auprès des faux-semblants tortueux des trois Infernal Affairs, Saiki semblant directement atterrir de la trilogie hong-kongaise. Si l’on ajoute un traitement du sujet à la sauce 24H, à l’oeuvre de manière bien plus subtile sur le petit écran, on aura compris le caractère largement dispensable de ce long-métrage oublieux des motivations profondes de ses héros pour n’en retenir que les vains agissements au sein de courses-poursuites finalement pas très remuantes. Quant au suspens, cherchez ailleurs, il s’étiole au sein du laborieux développement d’un synopsis pourtant assez simpliste.
Lorsque défile le générique de fin, on se dit qu’on s’est quand même un peu fait berner ; où est passé le trépidant compte à rebours savamment entretenu et distillé à chaque passage télé ? Où est donc cachée Yukihara ? Que font les autres personnages ? Partis sans doute compter les dividendes que rapportera malgré tout cette adaptation cinématographique ratée. Et à bien y réfléchir, c’est bien cela qui est totalement unfair...
, le 27 novembre 2007
