ULTRA BLUE | Utada Hikaru
Après des années d’attente, voici enfin un nouvel album pour la désormais ex-petite princesse du R&B japonais. A la première écoute on est surpris : rythme enlevé, intonation joyeuse... Ciel ! Qu’avez-vous fait à notre Hikki ? Les deux premiers titres, This Is Love (un des inédits) et Keep Trying lorgnent du côté de la « positive attitude », le style et la grâce en plus. Le léger changement de ton sur le refrain de Keep Trying, cette façon de passer au demi ton au-dessus, accroche un peu l’oreille au début mais donne une grande originalité au morceau. Le clip, avec son décor carton-pâte, est d’ailleurs une perle comme on ne peut en voir qu’au Japon.
Sur le morceau Blue, Utada nous montre l’étendue de ses capacités vocales, de plus en plus aiguës et claires. Formule qu’elle réutilise avec brio sur One Night Magic, montant dans les tons avec facilité. L’âge lui réussit plutôt bien. Nichiyô No Asa est un des seuls morceaux, avec Wings, qui renoue avec le côté R&B de ses débuts. La chanson Making Love est en un mot la plus charmeuse. Une chanson qui vous reste accrochée dans la tête. Les paroles sont touchantes, douces et nostalgiques. C’est une chanson qui fait se sentir adulte, faute d’autres mots pour le dire. On sent qu’à la fois l’interprète, la parolière et le compositeur se sont beaucoup investis sur ce morceau. La suite est moins joyeuse et on peut sortir les mouchoirs pour écouter Dareka No Negai Ga Kanau Koro, une ballade poignante à vous faire venir des frissons. La fin du disque s’essouffle un peu avec deux chansons planantes et un peu molles dont la très controversée Be My Last, qui est finalement de plus en plus jolie au fur et à mesure des écoutes et Kairo, sorte de murmure dans la brume au parfum de jonques ivres. Passion, écrite pour le jeu Kingdom Heart II, clôt cet excellent album et donne une envie très pressante... de le remettre. Cette petite heure de musique est finalement une bonne surprise qui ravira tous les fans du précèdent opus, le presque parfait Deep River.
Chronique publiée dans SHINE#2
, le 6 septembre 2006
