Tokyo DOGS
arton996

Renvoyé sur sa terre natale après l’échec de l’arrestation d’un groupe de trafiquants de drogue japonais à New York, l’inspecteur Takakura Sō (Oguri Shun) retrouve le calme de Tokyo et de ses chiens de garde pour finir son enquête.

Habitué aux méthodes expéditives et explosives de la police américaine, il se voit obligé de faire équipe avec Kudo Maruo (Mizushima Hiro), détective dilletante et ex-petite frappe, pour tenter de démanteler le réseau et de faire retrouver sa mémoire à Yuki (Yoshitaka Yuriko), témoin clé de l’affaire. Enquête qui lui donne également l’occasion de venger son père assassiné plus de 10 ans auparavant par la même organisation.

D’abord agacé par le scénario de l’intrigue principale, les multiples erreurs de raccord, les trucages grossiers, et la réalisation souvent digne d’un projet amateur plus que d’une série de la plus grande chaine de télévision nippone[1], par la direction d’acteur aléatoire de deuxikemen-caution-d’audimat[2] et la bande originale lourdingue, on est peu a peu séduit par l’atmosphère décalée des situations et personnages secondaires. On frôle le surréalisme crétin, on se surprend à sourire d’un débat culinaire inopiné entre les deux partenaires, du second degré des dialogues, de l’humour référenciel, des running gags familiaux et des archétypes que l’on a croisés dans tant de mangas et de séries télévisées auparavant. Peu importe l’intrigue au fond, ce sont les personnages qu’on observe interagir souvent outré par les ressorts scénaristiques clichetonnesques que Fuji TV ose sans complexe. On est très loin des acrobaties narratives savantes d’un The Wire ou d’un Damages, mais est-ce bien important au fond ? La police fait des discours moralisateurs miévreux à l’envi entre deux planques aussi bien camouflés que les espions romains d’Astérix, les mafieux sifflent l’air du Parrain, les voyous crient en roulant les « r » pour se faire respecter, les petites amies vous tracent au GPS, les mères sont envahissantes et les collègues de gentils boulets. Du bon divertissement en somme.

Constamment tiraillé par le sérieux nanardesque et le comique de situation décale, Tokyo DOGS réussit malgré tout son coup pour peu qu’on pardonne à Oguri Shun (Hana Yori Dango) et Mizushima Hiro (Gokusen 2Brother Beat…) leur jeu monolithique. Se disputant le cœur de l’adorable pimbêche amnésique qu’ils ont sur les bras, les deux ikemen font leur numéro de mecs cools et ça marche. L’alchimie fonctionne tant bien que mal, rivaux et amis, ils sont thèse et anti-thèse, perfection robotisée contre drague compulsive, professionnalisme rectiligne contre improvisation mal maitrisée. Aucune solution n’est pourtant la bonne, comme dans tout buddy movie les deux contraires se repoussent mais sont dépendant l’un de l’autre et finissent par s’apprécier et se compléter par leurs différences. Une morale annoncée par le slogan de lancement de la série, « les meilleurs et les pires partenaires », pourtant loin d’être à l’image du drama qui n’est certainement pas le meilleur mais est loin d’être le pire.


  1. les exemples ne manquent pas mais décernons une mention spéciale à la scène « à la Wong Kar-Wai » des plus kitsch de l’épisode 4 []
  2. ikemen : beaux gosses []
29 mai 2010 Aucun commentaire
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  • 東京DOGS
  • 2009
  • Fuji TV
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