Alors que les préparatifs de la grande soirée du Nouvel An battent leur plein, une cascade d’événements aussi imprévisibles que farfelus va entraîner une gigantesque pagaille au sein du grand hôtel Avanti.
Comédie haut de gamme au casting aussi prestigieux que le nombre d’étoiles ornant le fronton de la bâtisse, The Uchōten Hoteru rappelle directement les grandes réussites hollywoodiennes du genre, à l’époque supposée bénie des grands studios et de leur défilé de stars éblouissantes. Le thème de l’hôtel en folie a déjà été exploité par le passé, le réalisateur Mitani Koki, surtout connu pour son travail scénaristique à la télévision ou au cinéma, exploite alors finement le glorieux héritage en y apportant une énergie salvatrice.
Sur une base burlesque prononcée, le scénario multiplie les moments loufoques où le quiproquo le dispute au non-sens : ici les portes claquent, les personnages se télescopent toujours au mauvais moment à l’endroit le moins opportun, un comique visuel issu du meilleur boulevard, donnant au spectateur l’impression de monter à bord d’un manège ébouriffant pour plus de deux heures de cavalcades filant à toute allure, sans le moindre relâchement d’intérêt. Une construction proche du film à sketches, mais sans jamais se disperser, grâce à un montage extrêmement dynamique ignorant les temps morts, avec cet insaisissable canard fugueur en guise d’amusant fil rouge. On l’a dit, la pléthorique distribution n’est pas pour rien dans la réussite de l’entreprise, une belle brochette de comédiens jouant le jeu à fond dans une ambiance de bonne humeur réjouissante et communicative. Des caméos sympathiques avec un Odagiri Jō méconnaissable ou un Terajima Susumu en ringard de music-hall, aux rôles plus conséquents, ils bénéficient tous d’un solide travail d’écriture donnant des personnages parfaitement crédibles, loin des pantins stéréotypés de tant de comédies bâclées.
En tête de liste, Kōji campe impeccablement un maître d’hôtel très sollicité par une cohorte d’allumés gravitant dans les couloirs du palace, pince-sans-rire irrésistible qui croise le chemin de la malicieuse Matsu Takako en femme de chambre opportuniste ou de l’excellent Satō Koichi, politicien corrompu en pleine crise de culpabilité. Quant à Shinohara Ryōko, affublée d’une perruque blonde paltine, elle s’amuse à jouer une poule de luxe plutôt collante aux entournures des gros portefeuilles.
The Uchōten Hoteru, long-métrage intelligent qui se permet quelques échappées sentimentales dans le registre intimiste et des sous-entendus plus sombres qu’il n’y paraîtrait à première vue, représente surtout la quintessence d’un cinéma old school entièrement dépoussiéré. Autrement dit, voilà un délicieux film-champagne au charme aussi inaltérable que l’hôtel qui lui sert de cadre, prestigieux navire que l’on aura plaisir à découvrir au vu de la joyeuse compagnie qui nous y attend. Bienvenue à bord !
- THE 有頂天ホテル
- Japon 2006.
- Tōhō.
- Avec Matsu Takako, Yakusho Kōji, Terajima Susumu, Shinohara Ryōko, Satō Koichi, Odagiri Jō, Asō Kumiko, YOU.
