Remontons le temps. Direction les glorieuses seventies et leur cortège de permissivité généralisée, du moins imaginées comme telles par celles et ceux qui ne les ont pas vécues et fantasment à fond sur une période supposée bénie.
Pendant que la France somnolait dans l’après mai soixante-huit sous le regard paternaliste d’un Georges Pompidou pas encore trop mal en point, les salariés japonais déjà stressés pouvaient transgresser le temps d’un film le sacro-saint conformisme de l’archipel en se délectant de petites bobines aussi roublardes qu’opportunistes, mais parfois bien inspirées. C’était l’époque glorieuse du Pinky Violence, l’occasion pour un public populaire (mais pas seulement) de se délecter d’intrigues échevelées tournant le dos à toute bienséance, mais aussi d’apprécier les courbes de jeunes actrices aux formes généreuses, amazones sur pellicule dont la gouaille ne cède en rien à la propension à s’entre-déchirer le corsage. À ce jeu, Miki Sugimoto était une des meilleures, sa relative grande taille et son allure dédaigneuse lui assurant les rôles de bad girlchef de bande, toujours prête à en découdre, mais extrêmement résistante à la douleur, les scénaristes lui réservant d’ailleurs souvent un traitement spécial. Des sévices qu’elle endurait stoïquement, histoire de faire profiter le spectateur-voyeur d’une sensualité débordante. Venue du soft-coretendance bondage, elle demeure une des inoubliables rebelles de ce cinéma d’exploitation nippon du début des années soixante-dix, aux côtés de la plus sage et indépassable Kaji Meiko ou de sa principale acolyte/adversaire la replète Ike Reiko. Un duo de choc qui sévira dans quelques perles du genre. Miki tournera toute seule Les Menottes Rouges qui reste son plus beau titre de gloire, surclassant la cohorte de suiveuses qui reprendront le rôle de la policière vengeresse avec beaucoup moins de présence, pitoyable décadence d’un mythe qui assure à la Zero Woman originelle une place de choix au panthéon du cinéma-bis.
Et ensuite me demanderez-vous ? Mariée en 1978, la belle se retire alors du business, et deviendra par la suite enseignante dans une école maternelle ! Rarement le terme de maîtresse aura-t-il pris tout son sens, en espérant qu’elle n’ai jamais fait subir à ses petits élèves les turpitudes dont elle était la parfaite victime peu ou prou consentante…
- 杉本美樹
- Japon.









