Un jeune médecin se livre à un trafic de cadavres en compagnie de quelques jolies infirmières délurées. Une équipe à l’éthique médicale toute personnelle qui va même jusqu’à assassiner une des leurs, après un crêpage de chignon pour se réserver les faveurs du beau docteur, et garder ensuite le corps dans le but de le revendre. Mais c’était sans compter sur le fantôme de la victime qui ne tarde pas à se manifester. Et il n’est vraiment pas content…
L’hôpital, à la fois lieu de souffrance et de guérison, continue de nourrir l’imaginaire collectif. Pas étonnant que la littérature ou le cinéma d’horreur lui aient souvent emprunté ses couloirs glauques et ses salles d’opération flippantes, y compris surle continent asiatique . Les avisés producteurs de Sahamongkol Films ont donc chercher à capitaliser sur un potentiel toujours vendeur, y ajoutant le fantasme tout aussi récurrent et lucratif de la belle infirmière en tenue sexy ; un cocktail supposé idéal pour décrocher le jackpot tant espéré.
Car nous sommes ici dans le cinoche des séances de fin de soirée, dans le pur produit d’exploitation sans autre ambition que de secouer son public. Hélàs, cette fois ce sera peut-être le cas, mais entre deux somnolences. Si les moments gore sauront séduire les fans les plus blasés avec quelques trouvailles bien ficelées[1] et un certain soin dans la forme[2], le reste s’apparente en effet au néant total. Quelques plans rapprochés dévoilent la plastique d’actrices que le spectateur aura parfois du mal à différencier, mais difficile de ne pas ricaner devant la douche prise toute habillée par une des héroïnes, laquelle se savonne malgré tout copieusement ; une manière d’être bien propre pour la boucherie qui l’attend ? Quant au générique final, sans aucun rapport avec ce qui a précédé, il consiste en un petit clip avec nos bimbos s’ébattant sur une plage, dans un registre bon enfant similaire aux prestations filmées des Morning Musume. Pourquoi pas après tout.
À l’instar des voisins proches de Bollywood, on connaît la capacité du cinéma commercial thaïlandais à mélanger les genres, parfois avec un réel succès[3]. Mais le délire a ses limites. Pour adhérer à la chose, un minimum de cohérence narrative reste de rigueur, si ce n’est une vague esquisse des personnages en cause. Rien de tout ça ici, juste une surenchère mal agencée. On ne s’attendait certes pas à un remake de L’Hôpital et ses Fantômes ((série télévisée danoise réalisée par Lars Von Trier en 1994 et 1997)). Mais nul ne saurait infliger à son pire ennemi un truc aussi assommant. C’est là où le bât blesse : Sick Nurses n’est même pas assez (involontairement) drôle, et bien trop calibré par un budget conséquent pour prétendre au statut de nanar sympathique. Bref, définitivement rien à sauver.
- par exemple un fœtus utilisé comme projectile tueur ou un test de grossesse pour se défendre contre des nurses zombies [↩]
- à commencer par un spectre plutôt sympathique avec son look de Pin-up d’outre-tombe [↩]
- voir par exemple Sars Wars en 2004, un film de Taweewat Wantha qui mélange avec efficacité la comédie un peu grasse, l’univers des jeux vidéo et les codes du film d’horreur nouvelle génération [↩]
- สวยลากไส้
- Thailande 2007.
- Avec Chon Wachananon, Wichan Jarujinda et Chidjan Rujiphun.
