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Pinky Violence | Yamaguchi Kazuhiko, Suzuki Norifumi, Mittori Atsuhi



Exploitation movie, le retour. Le diptyque Tarantinesque [1] aura permis de mettre en lumière tout un pan de la sous-sulture nippone. De quoi nous donner ici l’occasion de revenir sur un coffret sorti fin 2005, ayant connu un bel écho auprès des amateurs à travers le monde. Quatre films bien sûr inégaux, voire mal assortis, mais cette disparité même reflète bien l’étendue du phénomène Pinky Violence dont les prémices remontent à 1967.

La Toei, compagnie productrice de nombreux films centrés sur le milieu yakuza, les fameux ninkyo-eiga [2], voyait son genre fétiche péricliter.

Lassitude du public, mais aussi prédominance de plus en plus affirmée du média télévisé en plein boom depuis les Jeux Olympiques de Tokyo en 1964, autant de raisons qui poussent la grande maison à imaginer une parade ; pour retrouver son public, elle lui proposera ce que ne peut montrer un petit écran encore préposé aux divertissements familiaux, à savoir la violence et le sexe, exutoire aux fantasmes inavouables de l’ouvrier ou du salary-man frustré. Là où la rivale Nikkatsu propose d’abord des « films de jeunes » avec une forte proportion de filles délinquantes [3], avant de délaisser le créneau pour mieux lancer ses très lucratifs roman-porno [4], la Toei féminise le concept du ninkyo. Seront ainsi mises en avant des héroïnes particulièrement sexy et plus ou moins dénudées, toujours prêtes à en découdre avec l’autorité ou des rivales au tempérament idoine. Une vague avec ses icônes revendiquées, dont la plus célèbre reste Kaji Meiko , triomphale vengeresse de la quadrilogie Femme Scorpion ou des deux Lady Snowblood. Mais la brune ombrageuse avait déjà une carrière avant cette mode, et la continuera après, en plus d’une discographie conséquente. Ike Reiko , ancien modèle de photos de nu, et encore plus Sugimoto Miki, connaîtront par contre des parcours plus éphémères, liées au seul genre Pinky Violence pour l’éternité. Creuset créatif dans lequel le délire visuel et l’inventivité artistique vont de pair avec des scénarii échevelés ne craignant aucun excès ni aucune provocation racoleuse, le courant sera aussi un miroir agrandissant de la contestation des valeurs établies chère aux seventies, dont le moindre paradoxe n’est pas le féminisme agressif s’invitant dans des spectacles destinés à la base à montrer le plus de nudité possible à un public essentiellement masculin. Si les Yakuzas regagnent pourtant bientôt leur territoire cinématographique par le biais des oeuvres à succès de Fukasaku Kinji revitalisant le ninkyo eiga, le label Pinky aura marqué toute une génération... et la suivante, pour s’en convaincre il n’y aura qu’à s’amuser à répertorier ses nombreuses références essaimées dans le cinéma populaire actuel. Une nostalgie toujours renouvelée pour un age d’or d’avant le direct-to-video, un autre temps, un autre monde.

Delinquent Girl Boss Wortless To ConfessDelinquent Girl Boss : Worthless To Confess [5] Yamaguchi Kazuhiko 1971 avec Oshida Reiko, Ban Junzaburo & Kagawa Yukie

Rika, jeune femme volontaire tout juste sortie de la prison d’Akagi retrouve ses anciennes partenaires de détention. Elle viendra en aide à Mari et à son père le garagiste Muraki, tandis qu’une autre amie, Midori, tente de se sortir de la galère en réintégrant le milieu des boîtes de nuit.

Au vu des trois autres long-métrages proposés, on se demande parfois ce que celui-ci vient faire là. Beaucoup moins délirant et extrémiste dans son scénario comme dans sa mise en scène, il se présente comme un mélodrame des bas-fonds, trame souvent exploitée à l’écran. Réintégration difficile de jeunes filles au ban de la société, le film suit le parcours chaotique de Rika, une rebelle au grand coeur. Peu d’excès de violence ici en dehors de quelques moments de combats venant dynamiser une ambiance tranquille, encore moins de sexe, mais une bonne proportion d’humour avec quelques figures réussies de benêts. L’intrigue suit son cours sans trop se presser, jusqu’au final opérant un brusque changement de registre. A l’orée du dernier quart-d’heure, voilà nos quatre copines de départ réunies pour une expédition punitive, parées de beaux impers rouge vif du meilleur goût, avant de se dévêtir pour mieux trancher dans le vif de l’adversaire. Commence une séquence de bataille permettant au réalisateur de varier les angles à loisir, dont une contre-plongée filmée au travers d’un parterre transparent : un parfait rendu où le sang gicle sur fond de décorum cent pour cent pop, tout en contemplant au plus près la plastique des jouvencelles revanchardes. De quoi raccrocher de justesse la chose au style Pinky Violence, pour un petit film reposant comparé aux outrances de ses congénères. On retiendra aussi une bande originale remarquable de bout en bout, empruntant entre autre aux sonorités du style enka pour la dimension de tragédie typique de ce genre populaire. De quoi accompagner parfaitement le caractère plus souvent mélodramatique qu’à l’accoutumée.

Delinquent Girl Boss Worthless To Confess : les yakuzas

Et puis Oshida Reiko [6], grande bringue déambulant en short dont le visage poupin dégage une immédiate sympathie, un charme auquel ne restera pas étranger le camionneur interprété par Watase Tsunehiko, un dur à cuir souvent vu chez Fukasaku. Un peu d’amour dans un monde de brute, si on préfère.

Girl Boss Guerilla [7] Suzuki Norifumi 1972 avec Sugimoto Miki, Ike Reiko & Naruse Tadashi

Sachiko, chef d’une bande de motardes, arrive avec sa troupe à Kyoto. Elle rencontre Nami, une pointure de la délinquance locale tout juste revenue au pays natal. Après un beau duel, les deux femmes livreront bataille contre une cohorte de yakuzas prêts à tout pour les rayer de leur territoire, tout en goûtant aux joies d’une sexualité débridée... et de l’arnaque organisée. Sachiko y trouvera même l’amour en la personne de Ichiro, un boxeur en devenir.

En plein dans le mille ! Avec Girl Boss Guerilla nous voici au coeur du style Pinky Violence, une décadence en forme de couronnement pour une oeuvre bâtarde qui privilégie la provocation gratuite et multiplie les scènes violentes et/ou sexuelles liées par une vague trame scénaristique. Un long-métrage filmé paresseusement, voire bâclé, dont on cherchera en vain la plus petite ligne directrice ou la moindre cohérence, l’histoire partant dans tous les sens pour sauter allègrement d’un personnage à l’autre. Là, un moine libidineux se tape une none joyeuse, tandis qu’une acolyte de Sachiko s’échine à récupérer le préservatif de leurs ébats dans des latrines infectes en vue de faire chanter le religieux. La fille y parviendra au prix d’un arrosage facial qui ne la traumatise pas plus que ça. Un humour picaresque côtoyant une réelle dimension parodique, ainsi ces intrusions intempestives de yakuzas aussi débiles que méchants qui rythme les soubresauts de l’intrigue ; apparitions aussi inutiles que ridicules pour ces figures tout droit sorties du ninkyo-eiga mais mis en déroute par un seul homme voire une femme. Les deux stars-maison Ike Reiko Ike et Sugimoto Miki se livrent à une sacrée bagarre dans la rivière Kamo, pour ce qui deviendra bien vite un exercice obligé entre les deux beautés à chacune de leur collaboration. Ike Reiko n’a ici qu’un rôle participatif. L’actrice avait alors déclaré ne plus vouloir tourner nue, provocant son renvoi par la Toei avant de faire amande (dés-)honorable. Un retour à l’écran dans une combinaison bleu flashy annonçant la mode disco, et une joie évidente à jouer les dures, fixant intensément la caméra en gros plan en des regards plein de sous-entendus à destination de ses adversaires, et d’un public mâle complice. Un tournage visiblement décontracté, dont la direction d’acteur n’est pas le premier souci de Suzuki Norifumi, entre autre lacune cinématographique parsemant le film. Alors que l’on se demandera toujours pourquoi Nami/Reiko est revenue au pays, et quelle est la profondeur de l’amitié entre elle et Sachiko, les protagonistes les plus inattendus s’invitent à la fête. La palme revient au copain de l’apprenti Rocky, le chanteur folk Agata. au physique étrange. Lorsque Ichiro est blessé mortellement, le saltimbanque entonne une ode pour l’ami disparu, Sachiko succombant à l’émotion s’enfuyant en courant le long d’une plage au soleil couchant. A moins que ce ne soit pour éviter d’écouter le poète qui continue sa ballade à la guitare... sauf que c’est du piano sur la bande son ! Un grand moment de jubilation digne des Monthy Python. On peut préférer la chanson-thème interprétée par Miki elle-même : Onna Bansho Nagaremono [8].

Girl Boss Guerilla : la vie en prison

Si elle ne partage pas le talent et encore moins la sûreté vocale d’une Kaji Meiko , sa voix rauque arrive à emporter l’adhésion sur ce morceau fait pour elle. En tous cas, Agata Morio était un authentique folk-singer à succès et son titre Red Elegy un vrai tube de l’époque. Evoquant un Ichiro et une Sachiko, il est antérieur au projet filmique de Suzuki, et serait en fait à la base de l’histoire ! On comprend mieux les digressions fantasques d’une intrigue en roue libre, à l’instar de son metteur en scène qui fera beaucoup mieux avec Le Pensionnat Des Jeunes Filles Perverses avant de donner en 1974 son chef-d’oeuvre Le Couvent De La Bête Sacrée avec la douce Takigawa Yumi. Si elle incarne elle aussi l’aboutissement de l’héroïne christique suppliciée comme sa consoeur religieuse, Sachiko/Sugimoto Miki ne partage pas ce trait de caractère, archétype de la chef de file rebelle et agressive. Il n’empêche que ses scènes de torture représente un climax de violence et de tension sexuelle palpables. Dévoilant un corps appelant la transgression, elle subit les pires tourments, figure enchaînée mais toujours offerte au désir masculin que des bourreaux consciencieux prennent bien soin de changer de position pour mieux faire profiter du spectacle, sacré Suzuki ! Une cruelle mise à l’épreuve qui appellera une vengeance du même acabit, reprise à l’envie ; le cinéma d’exploitation dans toute sa facilité, et donc sa grandeur.

Terrifiying Girl’s High School : Lynch Law Classroom  [9] Suzuki Norifumi 1973 avec Sugimoto Miki, Ike Reiko & Watase Tsunehiko

Noriko, chef de bande surnommée Jûjika Bansho (La boss à la croix) pour le pendentif du Christ qu’elle a toujours sur elle, se fait volontairement arrêter. Envoyée dans une école disciplinaire, elle cherche à percer le mystère de la mort d’une de ses lieutenants dans cet établissement. Aidée d’acolytes de circonstance, elle devra en découdre avec une bande faisant régner une discipline de fer en toute impunité, à la solde d’une direction corrompue. Elle pourra compter avec Maki, autre jeune chef rebelle, et Wakabayashi, un journaliste dilettante et avide de grosses coupures.

Suzuki Norifumi signe là un opus bien plus inspiré et soigné que le précédent, sans conteste le plus réussi des quatre long-métrages du coffret Pinky Violence, alliant la folie inhérente au genre et un joyeux travail de démolition des vénérables institutions nippones. Un matraquage en règle où tout le monde est logé à la même enseigne : professeurs pervers obsédés par les uniformes de leurs étudiantes, tous de mèche avec des politiciens véreux et une police partiale pour instaurer un système fascisant au sein d’une école cyniquement appelée Kibo Gakuen [10]. On comprendra aisément le final en forme de défoulement : suite à une série d’affrontements tordus et de sévices punitifs, une émeute générale des élèves met à mal la bâtisse et ses occupants, exutoire et paroxysme libérateur rappelant le climat d’une époque où les manifestations à l’autorité étaient dans l’air du temps, prêtes à éclater aux quatre coins du monde. Les références les plus diverses parsèment le film, telle la guerre du Viêt-nam via la torture à l’électricité utilisée par les bad girls [11], ou encore ce drapeau japonais symboliquement brûlé sur le générique final. Une provocation assumée qui, loin de plomber l’ensemble par une revendication trop politisée, utilise l’arme de l’humour ravageur ; ou comment un vibromasseur aux couleurs nippones utilisé par un élu local amène à la jouissance la très collé-montée épouse du nouveau proviseur. Le rire vire au grincement de dent lorsque le vieux proviseur en attente de palmes académiques, doit piteusement quitter ses fonctions après avoir été piégé par la bande à Noriko dans une partie de jambes en l’air enregistrée. Les filles lui entonnent alors l’hymne à la gloire du professeur bien aimé, détournant cyniquement le thème principal du célèbre mélodrame Les Vingt-Quatre Prunelles. [12]

Terrifying Girl's High School Lynch Law Classroom : duel au sommet (Maki/Ike Reiko & Noriko/Sugimoto Miki)

Dans un tel contexte, si le cahier des charges de l’exploitation est parfaitement rempli, certaines scènes de nudité ont un petit côté rajouté après-coup. Qu’importe, l’amateur en aura pour son argent, entre une séquence de manipulation lesbienne dans des toilettes, la très réussie séquence du vibro japonisant, ou encore une orgie masquée nettement plus rigolote que celle vue dans Eyes Wid Shut [13] ! Moins dénudée que précédemment, Sugimoto Miki prouve encore sa grande capacité à supporter stoïquement les châtiments les plus variés, topless oblige. On remarquera que la plupart de ses partenaires sont loin d’être des bombes, l’histoire gagnant en crédibilité ce qu’elle perd en potentiel érotique. Mal fagotées dans leur marinière, elles sont toujours prêtes à s’en dépouiller pour d’homériques séances de baston, ou de torture tarabiscotée ; il n’y a qu’à voir l’introduction où une jeune fille se fait vider de son sang au goutte à goutte, clin d’oeil manifeste aux grandiloquences du giallo italien.

Là où le décor scolaire rappelle plutôt celui d’une maison de détention, en l’occurrence la prison de la saga Femme Scorpion, le pitch évoque les sempiternelles vengeances ainsi que les rivalités entre bandes. De quoi se régaler encore de ces cérémonies du jingi okiru, avec la nouvelle arrivante ou future adversaire qui déclame une présentation très fleurie, la paume de la main tendue vers la haut et le corps légèrement fléchi en signe de respect, moment suspendu stoppant l’agitation toute affaire cessante. A ce jeu, Ike Reiko est parfaite, dominant le casting féminin pléthorique dans des tenues colorées et un brushing des grands jours ! Seul personnage masculin s’en tirant sans trop d’écorchure vis à vis de ces femelles vengeresses, le cool Wakabayashi permet à Watase Tsunehiko une savoureuse composition. Le Pensionnat... est un melting-pot réussi reposant sur une intrigue débridée mais suffisamment structurée, avec sa cohorte de sauvageonnes à qui il ne faut pas la faire, tirant sur tout ce qui bouge au son de percussions dynamiques et de sons estampillé seventies. Un Suzuki Norifumi des bons jours, recyclant encore une fois l’imagerie chrétienne qu’il utilisera l’année suivante dans son Couvent De la Bête Sacrée. Et une oeuvre incontournable pour qui veut connaître la signification du label Pinky Violence.

Criminal Woman Killing MelodyCriminal Woman : Killing Melody [14] Mittori Atsuhi 1973 avec Ike Reiko & Sugimoto Miki

Fermement décidée à venger la mort de son père, la jeune délinquante Maki va lutter contre toute une organisation Yakuza, aidée de trois amies rencontrées en prison. Elle retrouve aussi Masayo, devenue femme du chef du clan que Maki poursuit de sa haine. Une lutte à mort va s’engager.

Encore une classique histoire de vengeance, pour une intrigue certes traitée sans temps mort, mais souffrant d’une réalisation plate, sans style, sans parler d’un scénario pas trop regardant question profondeur. Pas mal de points resteront flous ; entre autres la teneur de l’amitié entre les deux héroïnes principales, l’attachement de Maki pour son père looser. Nous devrons nous contenter des revirements de situation inhérents au genre où chacun domine tour à tour l’adversaire, occasion d’apprécier quelques bagarres sympathiques dont par deux fois le duel rituel entre les deux vedettes-maison, morceaux de bravoure de l’ensemble. Celui se déroulant au sein de la prison pour femmes (où d’autre ?) vaut son pesant de coups tordus, les deux lutteuses reliées par une étoffe qu’elles maintiennent de leur seule mâchoire. Gare à celle qui lâchera la première ! Quelques corps nus au programme, façon de rentabiliser une appellation désormais bien établie, même si la part belle est donnée aux yakuzas masculins, le genre ninkyo eiga revenant alors en force [15].

On se retrouve alors dans un entre-deux genre bancal, le pitch initial du classique Yojimbo [16] côtoyant les femmes emprisonnées de la série des Femme Scorpion/Sasori en pleine gloire. On s’amusera aussi des quelques gimmicks tellement représentatifs des tics du cinéma-bis : le tueur au chewing-gum mortel, le fils du vieux chef en perpétuelle agitation, le flingue d’une main, l’énorme bouteille de saké dans l’autre, boisson qu’il tête au goulot à chaque plan. Criminal Woman... est surtout une excellente opportunité pour se délecter de la présence des duettistes Miki et Reiko, sachant que la première n’est ici qu’une guest-star. Ni novateur, ni très inspiré, beaucoup moins paroxystique que les deux oeuvres précédentes, il parvient à rester plaisant à défaut de provoquer l’enthousiasme.

Michel Boléchala, le 3 décembre 2007


  • 1971 - Delinquent Girl Boss : Worthless To Confess
  • 1972 - Girl Boss Guerilla
  • 1973 - Terrifiying Girl’s High School : Lynch Law Classroom
  • 1973 - Criminal Woman : Killing Melody

Notes

[1] Kill Bill vol. 1 & vol. 2

[2] littéralement Films De Chevalerie

[3] la saga des Stray Cats Rock

[4] romantique-pornographique

[5] ずべ公番長 ざんげの値打もない

[6] 大信田礼子

[7] 女番長ゲリラ

[8] la chef de bande vagabonde

[9] 恐怖女子高校 暴行リンチ教室/Le Pensionnat Des Jeunes Filles Perverses

[10] Ecole De L’Espoir

[11] présentée dans le dialogue comme « une nouvelle méthode américaine »

[12] Un film réalisé en 1954 par Kinoshita Keisuke, avec Takamine Hideko & Ryu Chishu.

[13] Stanley Kubrick, 1999

[14] 前科おんな殺し節

[15] Voir le gros succès de Okita le Pourfendeur réalisé en 1972 par Fukasaku Kinji

[16] deux bandes rivales, un intrus au milieu jouant sur les deux tableaux

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