Mémoire d’une geïsha | Rob Marshall
Lʼéducation dʼune jeune femme de milieu modeste qui va sʼélever au rang des meilleures geïshas du Japon.
Rob Marshall nous plonge dans un monde étrange peuplé de japonaises un peu trop chinoises et de traditions un peu trop occidentales. Bienvenue dans le monde nippon à la sauce américaine où lʼon voit les geishas se promener sans chignon et le teint frais façon lʼOréal. Peut-être Gong Li avait-elle obligation de faire du placement de produit ? Que nenni.
Mais la vraie vie des vraies geïshas semblait trop singulière pour toucher les foules en masse et ce blockbuster annoncé a préféré montrer le fantasme plutôt que la réalité. Si aucune actrice japonaise ne figure en tête du générique, ce nʼest certainement pas faute de talent mais simplement par manque de célébrité en territoire étranger. Cʼest dommage, dʼautant plus que le film prétendait être une reproduction presque parfaite du Gion des années 30 à la fin de la guerre.
Malgré tout, ce film permet de passer un moment très agréable. Il est réalisé avec soin et réussit à garder la complexité de lʼhistoire sans trancher dans le vif. Il nʼy a pas de temps mort et les quelques libertés prises avec le récit permettent de faire tenir en deux heures et demie ce qui aurait pu en prendre trois ou quatre. Reste que la conclusion, si lʼon a lu le livre semble bâclée : certain détails ont été modifiés pour obtenir un rendu plus visuel et la fin nʼest pas aussi touchante que lʼécrit, qui sʼaventurait plus avant dans la vie et lʼhistoire de la belle Sayuri. Cela donnait une touche dʼhumanité qui sublimait le récit et qui manque cruellement à cette fin trop prévisible.
Chronique publiée dans SHINE#1
, le juin 2006
