Xuan est une jeune chinoise fan absolue d’un boysband taiwanais, les May Day (groupe qui existe réellement). Elle bombarde de mails leur site officiel en espérant obtenir une réponse du chanteur qu’elle adule. Alei est le jeune frère du guitariste de May Day. Glandeur et passablement raté, il est employé grâce à son piston pour répondre à ces mails de fans. Rongé par l’envie et la jalousie, il décide de se faire passer pour le chanteur et donne un rencard à Xuan qui justement doit se rendre à Taiwan pour quelques jours dans le cadre d’un échange culturel. Une fois la ruse éventée, le contact peut se faire…
Dernier film du cycle Les Contes de la Chine Moderne ((Hsu Hsiao-Ming a également produit et écrit Beijing Bicycle, puis produit Betelnut Beauty et Blue Gate Crossing)), Love of May remet les pendules à l’heure sur pas mal de points. Difficile de ne pas y voir une critique du monde moderne et en particulier de ce que l’Occident barbare a apporté à la Chine. C’est aussi une critique sur le fanatisme bien sûr mais surtout sur le net, où tout est virtuel, factice, où tout le monde se cache, où tout le monde ment sur sa vie et son identité. La recherche de soi-même et un rapprochement vers la nature, la simplicité et les gens, l’oubli des appareils qui ont envahi nos vie, le fait que l’on ne se parle plus, mais que l’on communique, le voilà le vrai message du film et c’est tellement vrai… Malgré quelques longueurs, le cabotinage parfois excessif de Alei, joué par Chen Bo-Lin, quelques niaiseries dignes d’un drama et le passage des recherches familiales à la fin qui casse le rythme et était inutile, Love of May est esthétique et tout à fait agréable notamment grâce à son humour et à la fraîcheur de son actrice, la mignonne Liu Yifei et son beau visage à la peau de lait. Au fait, saviez-vous qu’il était possible d’écrire en SMS en chinois ? Le film vous en donnera la preuve.
- 五月之戀
- Taiwan 2004.
- Pyramide Distribution (2006)
- Avec Liu Yifei et Chen Bo-lin,.
