Les Filles Du Botaniste | Dai Sijie
Après le joli succès de Balzac Et La Petite Tailleuse Chinoise, voici la deuxième réalisation du romancier/cinéaste Sijie Dai, une histoire dʼamour homosexuelle dans la Chine post-Maoiste des années 80.
Comme son prédécesseur, il sʼagit dʼun film qui vise un public assez large. Les images sont léchées, sans doute un peu trop, au détriment dʼune mise en scène sans le moindre dynamisme : on sʼennuie ferme dans la première partie qui ne fait quʼesquisser la montée du désir entre les deux jeunes femmes, se complaisant plutôt dans des visions attendues de carte postale pour occidentaux en mal dʼexotisme. Les personnages sont eux-aussi vite cernés, entre le couple de douces jeunes filles et un environnement masculin caricatural à souhait.
Le film sʼemballe lorsque lʼunion est consommée et irréversible, la réaction des autorités et le dénouement étant hélas amenés de façon abrupte, sans véritable approfondissement psychologique. Dʼoù une impression justifiée de déséquilibre dans la structure de ce film qui ne parvient jamais à passionner, ne suscitant trouble ou émotion que par courtes intermittences, jolies scènes du repas des deux amoureuses sous le regard réprobateur des hommes ou du départ déchirant pour la lune de miel. Ce traitement prévisible dʼune histoire basée sur un authentique fait-divers souffre, en plus, dʼun score musical complètement impersonnel et transparent. Quant à lʼinterprétation, si Li Xiaoran est toujours juste, sa partenaire androgyne aux yeux verts a visiblement peu dʼexpressions en magasin et ne facilite pas la crédibilté de cette passion amoureuse annoncée. Les Filles Du Botaniste souffre quasiment des mêmes défauts que Balzac Et La Petite Tailleuse Chinoise, se limitant à une démonstration appliquée et décorative mais finalement superficielle, pour un sujet de départ autrement sulfureux et passionnant.
Chronique publiée dans SHINE#1
, le juin 2006
