Les cons ont découvert que la Corée était un pays coupé en deux lors de la coupe de football de 2002, qui se déroulait en partie là-bas et qui fut immortalisée par l’incompétence sportive de nos onze chèvres bleues.
Au sud, un Japon bis, libéral, travailleur, fourmillant et dans un sens inhumain. Au nord, le dernier bastion du stalinisme sur Terre. Un pays coupé du monde, fermé, économiquement ruiné, corrompu au dernier degré, aux habitants zombifiés par la propagande qui a déifié son président Kim Il-sung puis son fils, actuel dirigeant après la mort du premier, Kim Jong-il. Un peuple mourant de faim depuis 10 ans (toutes les organisations humanitaires ont plié bagage voici quelques années vu que toute l’aide alimentaire et médicale était détournée au profit du gouvernement) mais également l’une des premières armées du monde avec plus de trois millions d’hommes et l’arme atomique, le tout sous les ordres d’un malade mental qui ne jure que par des statues de 100 mètres le représentant… Pourquoi personne n’intervient me direz-vous ? Probablement parce qu’il n’y a pas de pétrole en Corée du Nord…
Kang Chol-Hwan y a vécu la majeure partie de son enfance. Enfant aisé issu d’une famille coréenne venue au Japon tenter sa chance, elle fit partie de ce petit lot de Coréens qui décida de rentrer au pays après la guerre. Mal leur en a pris. Peu de temps après l’arrivée de toute sa famille, son grand-père fut enlevé sur une accusation bidon d’espionnage, après qu’il ait eu le temps de léguer sa fortune faite au Japon au gouvernement nord coréen… Puis tout le reste des membres fut conduit dans le sinistre camp de Yodok. Il raconte dix années passées là-bas, les conditions de vie, le travail harassant, la nourriture inexistante le forçant à manger du rat, les exécutions, le froid, la peur. La survie dominait tout et l’enfant qu’il était s’est transformé en un animal toujours à la recherche de pitance. Libéré au bout de dix ans, il s’enfuit pour se réfugier au sud après un voyage épique. La lecture de ce livre laisse pantois. On évoque de suite les purges drastiques des années 30 de l’ex-URSS au temps de Staline ainsi que l’Allemagne nazie où on l’ont vous exécutait pour rien. Un témoignage précieux sur un pays dont on ignore tout. Ne pouvant rien faire pour les Nord Coréens, il ne nous reste plus qu’à les plaindre.
- The Aquariums of Pyongyang
- Corée du Nord 2001.
- Robert Laffont (2002).
