Legend of the Doll
Legend of the Doll - DR

Depuis la perte de sa petite amie Yuria, Ryouta s’est réfugié dans le monde des garage-kit et autres figurines de personnages féminins. Un beau jour, il se voit confier un étrange paquet contenant une énième pin-up à monter soi-même. Lorsque celle-ci prend soudainement vie, la vie monotone du garçon s’en trouve passablement perturbée.

Legend Of The Doll fait partie d’une série de trois moyens métrages réalisés la même année autour du quartier tokyoïte d’Akihabara[1], une trilogie tournée en DV et centrée sur le phénomène otaku [2].

Legend of the Doll - DRL’idée de départ, à savoir la matérialisation d’un objet, cette fois une statuette 100% résine, en une accorte jeune fille, n’a déjà rien de très nouveau, mais une fois le postulat initial établi, encore faut-il construire une intrigue à peu près potable. Tel n’est pas le cas ici, tant sommes-nous vite forcés de constater la pauvreté abyssale du scénario ; la réalisation plus que minimaliste ne réserve on s’en doute pas la moindre surprise, tandis que l’absence cruelle de rythme joue avec les nerfs du spectateur. Soixante-huit minutes, c’est encore top long !

Insipide romance gnangnan insufflant une pseudo-morale sur l’amour profond et authentique via le parallèle entre la vraie fiancée Yuria interprétée par Hidaka Yuria[3], et le robot Airu, Legend of the Doll glorifie plutôt les penchants inavouables de la communauté otaku à qui cette pochade très premier degré semble exclusivement réservée, proposant de fantasmer via son lecteur DVD sur les courbes de Kijima Noriko, gravure girl professionnelle très populaire. Il faut dire qu’elle est la raison d’être du projet, quelques plans bien placés permettant de juger de la fille sur pièce, le morceau de bravoure du film se situant lors d’une petite séance de cosplay dont elle gratifie notre benêt de héros. La réalité rejoint alors la fiction, la scène en question pouvant parfaitement s’intégrer dans une des nombreuses exhibitions filmées de mademoiselle Kijima.

Legend of the Doll - DRQuant à la prétendue moralité de la chose, que faut-il penser d’une poupée sexuelle appelant son partenaire “maître” à tout bout de champ ? Une créature qui sait de plus cuisiner et fait gentiment la vaisselle en offrant la vision permanente de sa petite culotte, que peut demander de mieux le mâle nippon peu ou prou frustré ? Surtout lorsque sa dulcinée l’entraîne dans une psychanalyse de comptoir pour pas un rond. Mais la bonne conscience reste sauve : Airu restera pure, icône intouchable et virtuelle pour ses adorateurs potentiels, seule Yuria la copine réelle finissant par conclure avec Ryōta[4].

Voilà une œuvrette surfant sur le ridicule avec un sérieux confondant, même si les producteurs n’ont que faire d’un tel constat : ils auront largement rempli leurs poches et profité d’un public tout acquis à leurs idées, surtout quand on le caresse dans le sens du poil.

Air Doll aborde à peu près le même sujet, avec on s’en doute une approche et une ambition toutes différentes.

  1. célèbre pour ses innombrables magasins d’électronique, et par extension, de jeux vidéo et autres produits dérivés de la culture populaire []
  2. les deux autres films signés Sugiura Akiyoshi sont Cat Girl Kiki/Nekomimi Shijo Kiki et Pretty Maid Cafe/Koisuru Maid Cafe []
  3. vue en 2007 dans Attack Girls’ Swim Team Versus the Undead/Joshikyōei Hanrangun un film d’exploitation gore réalisé par Kawano Kōji []
  4. un simple rêve dans le déroulement de l’histoire, mais l’occasion pour les amateurs de voir la seule séquence de nudité du film, par ailleurs minable []
8 juillet 2009 Aucun commentaire
Leave a comment

  • 萌えキュン@MOVIE、聖♥美少女フィギュア伝
  • Japon 2006.
  • VAP.
  • Avec Kijima Noriko et Hidaka Yuria.
  • www.vap.co.jp/moe/03.html