Le Samourai du Crépuscule
Le Samourai du Crépuscule (Yamada Yōji)

Iguchi Seibei, samouraï de basse condition veuf et reconverti en gestionnaire d’entrepôt, doit subvenir aux besoins de ses deux fillettes et de sa mère malade. Pris jusqu’à tard par ses occupations, cet homme droit, à la tenue vestimentaire pitoyable, que ses collègues ont surnommé par dérision « samouraï du clair de lune » devra pourtant honorer un contrat pour son clan suite à un combat gagné contre le mari violent de Tomoe, un amour d’enfance qu’il n’a jamais oublié.

Le Samourai du Crépuscule (Yamada Yōji)Artisan consciencieux des increvables séries Tora San et A Class To Remember, Yamada Yōji s’autorise une échappée vers le film de sabre, une trilogie initiée avec ce film, suivi en 2004 de La Servante et le Samouraï sorti en France en premier et de Bushi no Ichibun en 2006. Infiniment respectueux des codes du chambara, Yamada en livre une version originale où l’héroïsme flamboyant cède la place à l’observation du quotidien d’un homme tiraillé entre devoir et aspirations personnelles. Bénéficiant d’une reconstitution parfaite, son film proche du drame intimiste est une oeuvre au classicisme assumé : le cinéaste tourne le dos à tout esthétisme tendance, fuyant un second degré si prisé de ses jeunes confrères pour privilégier la limpidité du récit. Le duel final à la lenteur calculée dans un décor de pénombre est autant psychologique que physique, le héros luttant avec un autre qui lui ressemble étrangement mais à qui la vie a encore moins souri qu’à lui-même. Car l’époque décrite, l’aube de l’Ere Meiji, n’offre déjà plus de perspective à ces combattants armés de leur seul sabre, et Iguchi est un peu le dernier des justes, le titre français convenant idéalement à ce constat de fin d’époque et de décalage entre les valeurs du héros et le monde dans lequel il vit. Pour interpréter ce personnage attachant, le choix de Sanada Hiroyuki[1] s’est avéré judicieux. Il est impeccable face à l’ancienne idol Miyazawa Rie[2] : leur relation contrariée suscite une émotion pudique, à l’image d’une oeuvre que l’on pourra qualifier de pépère, mais dont le charme se révèle aussi discret que tenace.


  1. le héros principal de Ring []
  2. appréciée dans Tony Takitani et à l’affiche du film en costumes de Hirokazu Koreeda : Hana []
12 janvier 2007 Aucun commentaire
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  • たそがれ清兵衛
  • Japon 2002.
  • TF1 Video (2006).
  • Avec Sanada Hiroyuki et Miyazawa Rie.