L’Arc | Kim Ki-Duk
Un vieux pêcheur retient jalousement loin du monde une jeune fille qu’il a prévu d’épouser le jour des 17 ans de la belle. L’arrivée d’un jeune citadin va bouleverser ce plan trop parfait.
Si les amoureux de Kim Ki-Duk retrouveront les éléments qui ont fait la caractéristique du cinéaste, L’Arc ne parvient pas vraiment à renouveler un style bien établi.
L’omniprésence de l’élément aquatique, les plans contemplatifs, la beauté de la jeune actrice déjà à l’affiche de l’impressionnant Samaria, la vision aiguisée des rapports humains, une dimension picturale renforcée par une photographie aux tons chauds et saturés : tout cela est bien sûr présent, mais on a rapidement l’impression d’assister à une compilation thématique du maître coréen, au sein d’une métaphore tournant un peu en rond. Le réalisateur a enchaîné les projets entre 2003 et 2005, cet Arc arrive après une série de réussites incontestables : Printemps, Éte, Automne, Hiver et Printemps, Locataires, Samaria, et pâtit de cette parenté prestigieuse par manque de franche originalité. Un film mineur ? En fait, il représente pour le fan de Kim le même phénomène que Takeshis’ pour celui de Kitano. A savoir, la joie de se plonger à nouveau dans un univers codifié et apprécié et la déception de ne pas être surpris par un élément inédit perturbateur. C’est aussi le risque du rythme de tournage stakhanoviste du metteur en scène coréen ! En attendant Time qui devrait être projeté bientôt en salle, L’Arc, sans être une grande cuvée, demeure ce beau moment de mélancolie maritime, manière d’un auteur certes apaisé mais toujours lucide sur les rapports humains.
Chronique publiée dans SHINE#2
, le septembre 2006
