Ishidaira Shinji
Garçon introverti, Hajime est le souffre-douleur idéal pour les autres lycéens. Sa vie familiale n’est pas non plus des plus sereines, entre un jeune frère méprisant et des parents aux meurs sexuelles déviantes. Une accumulation de circonstances va faire basculer le jeune homme dans une spirale de violence sans fin.
Ichi The Killer, voilà sans doute le film le plus emblématique de l’inénarrable Miike Takashi [1]. Le manga originel signé Yamamoto Hideo [2] ne pouvait qu’exciter l’imagination délirante du réalisateur. Une version anime fut également lancée en 2002, visiblement sans lendemain. Il ne nous reste donc que cet épisode 0, prequel du long métrage précité.

Nous allons alors assister durant 45 minutes au début de la vie et de l’œuvre du tueur fou. Ouvertement adulte, le scénario se réserve quelques moments de baston plutôt gore, en saupoudrant le tout d’une pointe de sexe. Le pauvre héros est un paumé notoire, incapable de s’opposer aux vexations et humiliations dont il est quotidiennement victime à l’école, avant de subir à domicile le spectacle des ébats sadomasochistes de ses parents. De quoi faire tourner la tête à un gamin déjà passablement frustré : Freud n’est jamais bien loin !
Le déchaînement sanguinaire et sexuel qui va suivre sera pour lui une parfaite catharsis aux conséquences multiples, dont celle de se faire repérer par une organisation fort intéressée par ses capacités à massacrer ses semblables. Et l’histoire s’arrête là, faute de nouveaux épisodes.
Alors, Ichi est-il aussi azimuté en version animée que sur grand écran ? Il est vrai que le filtre du dessin tempère de toutes façons toujours la cruauté des situations, mais les adeptes d’images choc n’auront sans doute rien à se mettre sous la dent. Surtout, si le graphisme respecte celui de la BD initiale, l’animation est bien décevante. On en gardera une fâcheuse impression de bâclage, bien que certaines séquences semblent plus soignées, dont les passages en sépia, illustrant les années lycéennes d’Hajime. C’est à peu près tout, si l’on oublie une bande sonore déployant une agressivité un peu trop calibrée.
Finalement, les exploits tout relatifs de ce combattant accro à ses démons intérieurs risquent de ne pas choquer grand monde. Un comble pour une saga prétendant côtoyer l’extrême, à l’instar de son homologue filmique.
Michel Boléchala, le 21 juin 2009

[1] film sorti en 2001 avec Asano Tadanobu, Omori Nao, Terajima Susumu & Tsukamoto Shinya
[2] 10 volumes parus
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