Trois ans après &, album de référence aussi ambitieux qu’inspiré, Hitoto Yō sort un quatrième disque studio. Une galette attendue qui a d’entrée comblé l’impatience des japonais, le folk urbain de mademoiselle Hitoto touchant un public de plus en plus large dans l’archipel.
Encore une drôle de pochette ! Une caractéristique récurrente de la chanteuse, à l’instar de quelques unes de ses tenues vestimentaires pour le moins improbables.
Le contenu ? Aucun déchet, on s’en serait douté, un véritable plaisir d’écoute, c’est là-encore certain, mais un CD un ton au-dessous de ce qui avait précédé. La faute à quoi ? Une indécrottable sensation de redite, maladie de l’artiste qui tourne en rond. Sonorités identiques,gimmicks refourgués à l’envi, la production se coule dans un moule qui a fait ses preuves, efficacité et confort maximum vu la prise de risques minimum. Pour le coup, les belles mélodies s’imposent moins immédiatement, alors qu’elles restent largement au-dessus du lot commun. Shiori a trop de références à Kazaguruma pour que cela joue en sa faveur, Chabangeki rappelle directement l’excellent Edo Poruka : en moins bien, forcément. On aura même droit à deux morceaux étranges, Chandelier et Moonlight qui donneraient presque l’impression à l’auditeur qu’il a acheté un CD de Matsu Takako, si n’était le timbre de voix différent. Le premier reproduit le traitement « celtique » du Toki No Fune de sa consœur, tandis que le second baigne dans les climats qu’affectionne la douce Takako. Dans la lutte à distance des deux interprètes trentenaires, populaires et résolument cool, la manche reviendra à cette dernière.
Par contre, Kūchū Buranko, si représentatif de la Hitoto’s touch reste suffisamment enlevé et aérien pour passer le cap des comparaisons. Le meilleur titre de Key, c’est celui-là et non les trois singles déjà sortis. En effet, Tsunaide Te ou Tadaima restent des ballades mid-tempo un peu mollassones, seul Ukeirete maintenant le cap avec un pouvoir tubesque imparable.
Qui aime bien … C’est encore ce qui résumera le mieux la critique de ce nouvel opus, Hitoto Yō a placé la barre de la variété et de la richesse musicales si haut avec Hitoomoi puis & que l’on est en droit d’attendre maintenant monts et merveilles de sa part.
Le pari est cette fois à demi réussi seulement, les vocalises de la possible future madame Kobayashi[1] n’étant certes pas en cause ; si Key a des raisons de décevoir les fans, c’est tout simplement parcequ’il ne génère plus le même enthousiasme que ses prédécesseurs.
- sans trop s’afficher dans les médias, on sait quand même que la relation entre Hitoto Yō et le producteur Kobayashi Takeshi, ancien leader des My Little Lover et ex-mari de Akko la chanteuse du groupe, est nettement au beau fixe [↩]
- Key
- Japon 2008.
- Columbia.
- www.hitotoyo.ne.jp
