Itoka le Monstre des Galaxies
Itoka le Monstre des Galaxies ©Shochiku Co., Ltd.

Une mission spatiale ramène sur Terre une étrange spore . Une gigantesque et belliqueuse créature va alors en éclore, détruisant tout sur son passage au grand dam de la population paniquée. La solution pour s’en débarrasser obligera les astronautes à retourner sur le lieu de leur terrible trouvaille.

Itoka le Monstre des Galaxies ou le prototype du kaijū eiga [1], réplique et concurrent de l’indétronable Godzilla au succès beaucoup plus éphémère puisqu’il n’a jamais connu la moindre suite.

Au milieu des annèes soixante, le genre connaît son apogée en même temps qu’une décadence ; les films s’enchaînent à qui mieux mieux en une surenchère de nouveaux monstres et s’adressent à un public de plus en plus enfantin. Alors que Godzillase mesure carrément à King Kong, pour rentabiliser un peu plus une lucrative franchise en l’internationalisant, de quoi faire se frotter les mains des pontes de la compagnie Tōhō, les studios concurrents de la Daei n’ont alors pas à rougir de leur tortue géanteGamera, la seule rivale qui ait résisté au lézard atomique après toutes ces années.

Itoka le Monstre des Galaxies ©Shochiku Co., Ltd.La prestigieuse maison Shochiku, fière de ses grands maîtres Ozu ou Mizoguchi, décide de leur emboîter le pas sur un terrain source de profit mais qu’elle n’a jamais pratiqué. Ce sera donc en 1967 la sortie de ce Girara rebaptisé Itoka en français, qui va piller sans vergogne les éléments de ses devanciers pour un improbable remix sans la moindre originalité, confié à un obscur tâcheron à la carrière marquée par sa brièveté. La firme aura l’heureuse idée d’inclure au générique quelques comédiens occidentaux, garantie de visibilité et surtout de rentabilité dans le reste du monde[2].

Caricatural en diable, Itokaaccumule tous les poncifs inhérents au film de grand monstre ; à savoir l’équipe de savants composé de membres archétypaux (le chef courageux et responsable, le rigolo sympa, la jolie professeur étrangère), une apologie de la toute puissance scientifique à ne pas mettre entre toutes les mains, un monstre vindicatif à la puissance aveugle, une solution née de la capacité humaine à affronter l’adversité et trouver des solutions … Autant de clichés que l’on s’amusera à relever au fur et à mesure d’une intrigue qui met du temps à s’activer après bien des palabres un tantinet rasoir.

Itoka le Monstre des Galaxies ©Shochiku Co., Ltd.Lorsque Itoka débarque enfin, c’est pour nous faire son show piqué aux copains : bien au chaud dans une combinaison de reptile mutant, un figurant détruit tout, écrase tout ce qui traîne, et fait mine de mépriser ces pauvres petits hommes en blouse blanche ou armés de leurs jouets, qui finiront pourtant par le renvoyer dans ses foyers. Le tout au milieu de décor sentant bon le carton-pâte et la maquette vite faite.

Le spectacle jamais transcendant, reste sympathique par sa naïveté et son imperturbable sérieux, une histoire extrêmement désuète qui ne fonctionnera quarante années après qu’avec un minimum de bienveillance nostalgique. Itokasuscite évidemment plus facilement le rire que la peur, ridicule croisement entre un volatile, un insecte aux yeux globuleux et l’unique Godzilla, création aussi approximative que le film qui lui sert d’écrin, une absence éhontée de tout talent cinématographique que ne vient malheureusement pas sauver le salutaire grain de folie ; reste que l’on peut quand même le classer comme authentique nanar. Sans être profondément jouissif, Itoka Le Monstre Des Galaxies réservera donc, qui sait, des moments savoureux aux plus indulgents amateurs du Kaijū eiga, ou à ceux qui ont gardé une âme d’enfant.


  1. film de monstres []
  2. le film avait aussi généré au Japon quelques produits dérivés, marché enfantin oblige, devenus aujourd’hui de vrais collectors []
13 mars 2008 Aucun commentaire
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  • 宇宙大怪獣ギララ
  • Japon 1967.
  • Shochiku