Médecin coréen travaillant au Viêt-nam, Eun-Woo tombe sous le charme de sa belle interprète Thi Vu. Devant rentrer précipitamment au pays suite au décès paternel, il quitte la jeune femme sur un malentendu et n’entend plus parler d’elle pendant un an. Son grand frère Sho-Go, agriculteur célibataire quadragénaire, part alors à son tour au Viêt-nam pour y rencontrer une éventuelle furure épouse. Lorsqu’il ramène celle-ci en Corée, Eun-Woo découvre avec stupéfaction qu’il s’agit de Thi Vu…
Hanoi Bride, ou deux courts épisodes pour célébrer le trentième anniversaire de la fin de la guerre du Viêt-nam. Le moins que l’on puisse dire est que l’argument historique apparaît bien ténu. Malgré quelques plans touristiques du paysage vietnamien, on cherchera en vain une véritable filiation avec l’histoire du conflit clôt en avril 1975.
Situations caricaturales, personnages stéréotypés, rebondissements ultra-prévisibles, le cahier des charges du drama de base est parfaitement respecté, preuve que la Corée a depuis longtemps adopté la codification établie naguère par le voisin nippon. D’où une esthétique qui ne peut se départir d’un côté cheap renforcé par le format télévisuel dénaturant les séquences en extérieur, ne parlons pas des moments intimistes aux intérieurs proches du premier soap venu, le spectateur initié au genre ne sera pas surpris.
Pas plus qu’avec la laborieuse dramaturgie qui voit chaque pensée importante des héros accompagnée d’images des scènes précédentes, rappel explicatif au cas où certains n’auraient pas bien compris de quoi il en retournait. Au crédit du scénario, on notera la volonté de s’intéresser au sort de toutes ces femmes du sud-est asiatique mariées par agence à des célibataires coréens, importante migration aux destinées extrêmement variables : véritable amour conjugal pour certaines, piège de la prostitution pour d’autres, ou encore retour au pays pas toujours facile après un mariage désastreux. Hanoi Bridese contente bien évidemment d’esquisser cette réalité, les auteurs préférant se focaliser sur le caractère romantique de l’histoire avec l’attendu happy-end de rigueur. Si on suit cette amourette jusqu’au bout (… avec quand même quelques bâillements polis), c’est certainement grâce à la présence dans la distribution de la douce Kim Ok-Bin. La production a visiblement capitalisé un maximum sur le beau visage triste de la jeune actrice, alors débutante. Elle n’a pas grand chose à faire, hormis dévoiler d’élégantes tenues du cru fort seyantes, ses longs cheveux noir jais contrastant idéalement avec le ao dai blanc ou la longue robe rouge finale. Pour le reste, on la préférera dans Voice, où son talent de comédienne est mis à contribution de façon plus évidente. Ses partenaires surjouent ? Voilà qui tombe bien, c’est justement une des données récurrentes du drama, Lee Won-Jong composant sans conteste le personnage le plus intéressant du lot avec une certaine finesse, dommage que son rôle de costaud au grand coeur n’ait pas été plus étoffé.
Si la durée limitée empêche fatalement un développement plus fouillé du sujet, on peut toujours se rassurer en constatant qu’elle évite aussi les sempiternels et inévitables retournements de situation étirant à l’envie le postulat de départ pour tant d’autres oeuvres du même type. Avec son exotisme facile que renforce une musique passe-partout,Hanoi Bride représente une forme de quintessence du genre. Non dépourvu de charme pour qui accepte les règles inhérentes à ce format caractéristique des écrans asiatiques, mais jamais franchement enthousiasmant. La faute sûrement à l’absence d’émotion véritable découlant d’une sentimentalité de pacotille plus proche des romans de la série Harlequin que d’un joyau mélodramatique et narratif comme Failan [1].
- film coréen de 2001 réalisé par Song Hae-Sung avec Choi Min-Sik & Cecilia Cheung [↩]
- 하노이 신부
- Corée du Sud 2005.
- SBS.
- Avec Kim Ok-Bin, Lee Dong-Woo, Lee Won-Jong.
