Hanazakari No Kimitachi E - Ikemen Paradise- | Fuji TV
Fidèles à eux-mêmes les scénaristes nippons ne se cassent pas la tête, quand ils ont épuisé tous les recours possibles - à savoir une déclinaison quelconque de la même histoire sentimentale incluant un triangle amoureux et les starlettes du moment, filmée de la même manière, et rallongée artificiellement pour tenir 12 épisodes - ils adaptent un manga.
Rien de tel donc qu’un manga « pour fille » puisque, c’est bien connu, la gent féminine à un idéal de vie à cheval entre les puissants concepts philosophiques des romans de Barbara Cartland et ceux de Peach Girl ou de Hana Yori Dango. Cette fois c’est le manga Parmi Eux qui prend.
Ce qui fait la force d’Hanazakari No Kimitachi E - Ikemen Paradise- ce n’est pas son manque de créativité, sa dramaturgie hallucinante ou même l’immense vacuité qu’il en ressort, non, vous vous en doutiez bien. Tout est en fait dans le sous-titre, Ikemen Paradise. Un ikemen au Japon c’est un beau gosse, le mec cool qui énerve tout ses potes parce qu’il est populaire, même s’il se met les doigts dans le nez (quoique...), tout ça parce qu’il est kakkoii (cool), même si souvent à la limite de l’androgynie.
Aux « paradis des beaux gosses » on ferait tout pour y rentrer, comme Ashiya Mizuki [1] qui après avoir flashé sur Sano Izumi [2] ne trouve rien de mieux que de quitter les États-Unis et de s’inscrire à un lycée pour garçons ; le pouvoir décisionnel des ados nippons semble dès lors être miraculeux. Bien sûr, même le médiocre feuilleton américain American Boys où une fille s’inscrivait là aussi dans une école non-mixte et s’y rendait travestie comptait dans son casting une actrice à l’androgynie prononcée [3], mais dans Hanazakari on ne s’embarrasse pas de tels détails. Après tout l’essentiel c’est d’y croire d’autant que, dès les premières secondes, on sait bien qu’on ne se trouve pas devant une série adolescente réaliste.

Après son installation dans l’internat, dans la même chambre que sa proie, Mizuki doit tout au long des interminables 12 épisodes : cacher son identité, faire face à l’« homosexualité » naissante d’un de ses camarades de classe, qui en pince pour elle/lui, et surtout arriver à séduire Izumi, taciturne cliché de l’adolescent viril et distant cher aux mangaka spécialisés dans le genre [4]. Le tout est bien sûr rythmé par les diverses cérémonies et activités si typiques du système éducatif nippon.
L’ambiance oscille entre doux délire, propre aux mangas, au manzai [5] ou à tout ce que constitue l’entertainement télévisé japonais, et courtes tirades navrantes sur l’amitié, les rêves d’avenir ou la pureté des sentiments. Un premier degré qui rappelle Hana Yori Dango ou GyaruSa. On est loin du recul de réussites cinématographiques comme Kamikaze Girl, même si, là aussi, tout est ultra-référenciel.
Difficile cependant d’être surpris, chaque gag reste téléphoné et les personnages stéréotypés vus et revus se succèdent. L’interprétation exaspérante de la quasi-totalité de la distribution n’aide pas à faire de Hanazakari No Kimitachi E - Ikemen Paradise- un indispensable.
Amusant quand on a 8-10 ans, distrayant sans le son pour les mordu(e)s de bishōnen et utile pour tester ses connaissances en sub-culture japonaise.
, le 6 avril 2008
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Notes
[1] Horikita Maki, l’ijime de l’inénarrable Nobuta Wo Produce, également vue dans encore dans Densha Otoko, Kurosagi ou dans de nombreux films d’horreurs
[2] Oguri Shun, à la carrière télévisée intensive et à la filmographie ciné à peine plus montrable
[3] confirmée par la suite de sa carrière puisqu’il s’agissait de Kate Moenning, connue pour son rôle de Don Juan dans The L World
[4] Nanakatsu étant l’exact inverse du personnage, duo classique dont on peut citer un autre exemple récent avec les rôles de Kamenashi/Yamapi dans Nobuta Wo Produce
[5] comiques, souvent en duos
