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GAME - Perfume

Toute nouvelle toute belle, la dernière galette de nosidols synthétiques préférées est enfin dans les bacs des bons disquaires nippons. Un CD qui enfonce le clou de l’électro vintage et de la complicité référentielle.

L’affaire est claire désormais : Perfume est à l’heure actuelle le plus bel exemple de recyclage intelligent de tout un pan de la musique populaire électronique née à la fin des seventies. Après un excellent Fan Service〜Prima Box〜 qui entretenait la flamme à défaut de proposer de la nouveauté concrète, Game continue d’explorer des sonorités présentes dans l’inconscient collectif de toute une génération infusée à perpète au bontempi en les habillant d’un soupçon de candeur kawaii. Le futé Nakata Yasutaka a cependant des armes bien plus conséquentes que ses illustres prédécesseurs pour travailler la matière sonore : mettant quand il le faut bien en avant la voix de ses protégées pour humaniser un peu l’avalanche de bidouillages électroniques, la production est une merveille de savoir-faire faussement bricolo mais parfaitement maîtrisée, parfois aux limites de la surcharge. Ce qui fait encore la saveur de la formule, et empêche la chose de donner l’impression de déjà se répéter, c’est la qualité des mélodies. Simples, évidemment, voire simplistes, mais souvent imparables, génératrices d’un climat optimiste et printanier.

Un album-concept ? On n’ira pas jusque-là, mais dès la première écoute, la fraîcheur de l’ensemble carressera les auditeurs complices dans le sens du poil. On verra bien ce que la suite peut réserver de déception ou de lassitude, tant le postulat de départ semble difficile à renouveller ; pour l’instant, rien ne saurait justifier un quelconque désamour pour le trio de Hiroshima. Pourquoi d’ailleurs penser à des lendemains qui pourraient déchanter ? Game reste de toutes façons plus un voyage vers un passé idéalisé qu’une introspection vers des futurs musicaux avant-gardistes. Surtout que les bons morceaux ne manquent pas. Le délicieux Macaroni avec ses petites voix sussurant « ma-ma-ma-ma-caroni » d’une manière irrésistible, l’incontournable Baby Cruising Love d’une évidence immédiate, le mignon Take Me Take Me, sorte de digression rythmique où nos trois starlettes s’autorisent quelques élans de sensualité plus directe dans une veine que n’aurait pas renié Giorgio Moroder ; le très rétro Plastic Smile ou encore les boucles hypnotiques de Butterfly, autant de titres ressortant d’un opus homogène où la thématique reste inchangée, entre sourires de plastiques et filles en céramique, sans oublier les références culinaires abondantes (véritable fond de commerce des auteurs), tel le sautillant Chocolate Disco pour meilleur exemple.

Sans prétendre à une ambition artistique démesurée, Game risque fort de séduire un public assez large. Les petit(e)s jeunes avides de pop easy-listening en auront largement pour leur compte, les plus vieux apprécieront les multiples citations et autres influences référencées, un savant petit jeu de devinette musicale habillé de trésors de douceurs pour leurs oreilles délicates. On le sait bien, ce qui apparaît d’abord futile s’avère vite indispensable : en ces temps d’omnipotence groove de plus en plus formatée et d’absence de créativité imposée par des majors frileuses à toute idée de changement, la pop légère, sucrée et cosmique des Perfume s’impose finalement sans avoir l’air d’y toucher comme une authentique bouffée d’air pur dans un paysage discographique sous assistance respiratoire.

16 avril 2008 Aucun commentaire
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  • GAME
  • 2008
  • Tokuma Japan
  • www.amuse.co.jp/perfume/