Dans la série « idole phare du passé », Moritaka Chisato se pose là. Débarquant à la toute fin des années 80, elle triomphera durant toute la première moitié des années 90 en donnant une alternative aux personnes n’aimant pas Sakai Noriko qui était la reine incontestée et indéboulonnable des idoles japonaise à la même époque.
Moritaka Chisato réussit le tour de force de mêler qualité musicale avec le monde naïf des idoles. Sur scène, mini jupe ultra courte, tutu relevé au maximum mais également solo de batterie et voix juste. A l’aide de chansons sucrées qu’elle composa souvent toute seule (elle joue parfaitement de la batterie, de la guitare et du piano), Chisato se fit un nom et une réputation de musicienne confirmée au milieu des autres idoles tous justes bonnes à remuer du popotin, même si là-dessus, elle n’était pas en reste, surtout grâce à ses deux gambettes rondes et potelées qui restent encore aujourd’hui des symboles. Sortit début 95, Do The Best fut sa première compilation. On ne les compte plus désormais, mais celui-ci se détache du lot de par sa relative qualité (que les hits, pas de chansons datant d’après son heure de gloire) et surtout par son livret l’accompagnant et qui est tout simplement ébouriffant. Là-dessus, Chisato mit le paquet, avec une sorte de défilé de mode ! Blouson de cuir noir, vert, collants, tutu en dentelle, chemise blanche et cravate, sans oublier les shorts et autres mini jupes afin de montrer ses jambes, qui sont son assurance-chômage. Le fan adepte de sa plastique ne sera pas déçu.
Ejectée de chez Warner lorsque son étoile se mit à pâlir, elle trouva refuge chez Zetima, la maison de disques du Hello !Project. Tsunku♂ dut se réjouir de voir la mère Moritaka débarquer dans la même crémerie que lui puisque l’arrivée du catalogue musical de Chisato chez Zetima lui permit de faire des reprises sans s’embarrasser de demandes de droits, on restait en famille. Et puis ça tombait bien vu qu’il était totalement à sec en matière de composition nouvelle. C’est ainsi qu’il fit reprendre à ses défuntes Mini Moni son fameux Rock’n’ Roll Kenchō Shozaichi ainsi que Watarasebashi pour Matsuura Aya. Ces deux titres sont disponibles dans leur version originale dans cette même compilation. Nous retrouvons également les classiques Ame, Rock n’ Omelette (et oui…), Watashi Ga Obasan Ni Nattemo, ainsi queMemories. De la gentille petite pop, très typée début 90’s et chantée d’une voix assez nasale et unique. 15 titres pour bien commencer Chisato. On regrettera simplement de ne pas trouver dans cette compilation l’un de ses premiers hits de la belle : 17 sai. Plutôt curieux quand on sait le carton qu’il fît à l’époque. Désormais âgée de 36 ans, toujours aussi séduisante mais (hélas !) mariée et mère de famille, même s’il lui arrive encore d’écrire quelques paroles pour d’autres, Chisato vit sur ses droits d’auteur et ses souvenirs. Elle reste une valeur sure de la j-pop « d’avant », quand on pouvait encore trouver de la qualité dans la futilité.
- DO THE BEST
- Japon 1995.
- Zetima.
