Cool Dimension
Cool Dimension ©CREi

Shiori est une tueuse professionnelle et forme avec Mika et Junko un implacable trio dirigé par le mystérieux Kurokawa. Une affaire de corruption politique touchant un de leur commanditaire va semer le trouble au sein de l’organisation et réveiller de douloureux souvenirs pour Shiori, grain de sable d’une machine trop parfaite.

Ah ! Le monde du direct-to-video, lieu magique où les héroïnes se pavanent sans sourciller dans les plus improbables tenues et où les états d’âme ne dépassent jamais le temps limité qui leur est imparti, vite expédiés entre deux gunfights chorégraphiés à la va-vite. Cool Dimension ne déroge jamais à ces règles d’or, proposant une histoire d’assassins sur commande, version féminine et modernisée des ninjas (pas les Tortues, les vrais, c’est quand même mieux). Les emprunts sont tellement légion que cela devient presque un jeu de les repérer au hasard des séquences, exercice habituel du cinéma-bis. Ainsi Shiori, nouvelle Nikita, est aussi une Charlie’s Angel bridée, la dimension parodique en moins, et ce n’est pas franchement un mal. On pense bien sûr beaucoup au So Close [1] mais sans l’ambiguïté coquine et la légèreté du sympathique long-métrage hong-kongais, dommage. Quant aux plus anciens, ils évoqueront le souvenir ému de la version live de Cat’s Eyes [2]. On est donc en territoire archi-balisé, les ambiances nocturnes et les tenues de cuir rappelant fortement le film de Hayashi, dans une tonalité plus dramatique cependant.

Le mot fera ricaner en constatant que dramatique, ce film le devient vite, mais pas dans le sens voulu par les producteurs ! Scénario prévisible utilisant le cliché récurrent du tueur en gage en pleine remise en question, longs tunnels narratifs où il ne se passe pas grand chose, scènes d’action vite expédiées, tout ici est d’un niveau en-dessous : l’action, la réflexion, l’émotion. Le jeu minimaliste d’actrices engagées pour leur seule plastique participe au constat, telle Mitsuya Yoko[3], jolie grabia de la première heure dont la tenue de cuir rouge hautement fétichiste convaincra plus facilement que ses capacités à camper une meurtrière tourmentée. Une dramaturgie complexe, une psychologie fouillée, ce n’est pas ce que l’on demande au cinéma-bis, la seule présence au générique de l’inquiétant Endō Kenichi validant l’appartenance à ce circuit parallèle. Depuis Stop the Bitch Campaign, ou les deux Hana to Hebi, cet acteur familier de Takashi Miike[4] est devenu une icône du genre, une sorte de « catégorie III » à lui tout seul si on préfère.

On aurait alors aimé un peu de folie, des situations hors-norme, une impression de bricolage amateur pour sortir du produit manufacturé ; hélas, le film se laisse voir sans passion, avant de se faire aussitôt oublier, faute d’originalité et d’un supplément d’âme. A côté de lui, le pur nanar du fils Fukasaku, est un monument de dinguerie loufoque, son casting gorgé d’actrices toutes droit sorties de l’usine à idols du Hello!Project lui garantissant un statut d’objet de culte. Chose à laquelle ne pourra jamais prétendre Cool Dimension dont le principal attrait, au final et comme on pouvait s’y attendre, reste la jolie jaquette.


  1. film hong-kongais réalisé en 2002 par Corei Yuen Kwai avec Shu Qi, Vicki Zhao Wei & Karen Mok Man-Wai []
  2. film de Hayashi Kaizo avec Ushida Yuki et d’autres idols alors en vogue, en 1997 []
  3. vue dans Noriko’s Dinner Table []
  4. Visitor Q entre autres []
27 décembre 2007 Aucun commentaire
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  • クール・ディメンション
  • Japon 2006.
  • CREi.
  • Avec Mitsuya Yoko et Endō Kenichi
  • www.cool-d.net