Envoyée par sa compagnie d’assurances, Yoon-Young doit statuer sur le cas de Lee So-Hee, patiente plongée dans un profond coma et hospitalisée dans un établissement de sinistre réputation sur le point de fermer ses portes. Le sort de la malade divise les deux médecins-chefs au sein d’un hôpital déserté que semblent hanter d’étranges apparitions. Les motivations de la jeune employée ne sont pas seulement professionnelles : son enquête est aussi pour elle l’occasion de se remémorer de douloureux événements, réactivant une culpabilité lourde à assumer.
Pour changer des inlassables questionnements sentimentaux de jeunes lycéennes fleur-bleu, rien de tel qu’un drama horrifique. Initié par la grande chaîne coréenne câblée OCN spécialisée dans le cinéma[1],Coma est une mini-série déclinant les réussites du genre sur le petit écran. Les amateurs de fantômes japonais issus du phénomène Ring et de leurs homologues péninsulaires ne seront pas dépaysés. Exploitation certaine d’un filon juteux et utilisation d’un média plus souple pour aborder la question, à chacun son opinion, toujours est-il que l’intrigue est ici découpée en cinq parties distinctes et autonomes, dirigées chacune ou presque par un réalisateur différent ; une sorte de puzzle s’imbriquant petit à petit jusqu’à la révélation finale attendue. C’est aussi une façon de raconter une même histoire à travers cinq points de vue différents, cinq destinées liées au sinistre hôpital cadre d’une sanglante affaire.
Les cinéastes des cinq segments respectent le cahier des charges : ce sera à chaque fois une plongée dans une sorte de cauchemar éveillé, là évoluent des personnages ambigus aux motivations bien enfouies, y compris les moins avouables, on s’en doute, que viennent éclairer des flash-backs renvoyant tous à une même faute initiale aussi traumatisante qu’inexcusable, source d’une cascade de drames et génératrice d’un climat délétère où la tension est permanente, montant crescendo au gré de rebondissements riches en hémoglobine.
Servi par une distribution aussi peu avare en gueules antipathiques (le Dr Jang en tête de liste) qu’en beautés locales aux cheveux de jais, Coma propage un malaise efficace à défaut de renouveler vraiment un style de films désormais parfaitement codifiés ; les quelques déplacements désarticulés des spectres vengeurs rappellent ainsi forcément ceux, entre autres, de The Grudge. Ce qui donne tout son sel à cette production homogène et soignée serait plutôt à chercher du côté d’un potentiel émotionnel revendiqué, inscrivant l’oeuvre dans la lignée du Dark Water originel dont il partage à peu près le même final, ainsi que des réussites made in Korea comme Deux Soeurs, Cello ou The Wig. De belles références pour un drama qui n’aura pas à rougir de la comparaison.
- en association avec la compagnie Sio Film à l’origine du succès du long-métrageCrying Fist [↩]
- 코마
- Corée du Sud 2006.
- OCN.
- Avec Lee Se-Eun, Lee Jung-Heon, Im Won-Hee, Myung Ji-Yeon.

