Battle Royale | Takami Kōshun
Le film culte aux tueries sanguinolantes et à l’action décérébrée avait déjà fait des ravages à sa sortie. Fukusaku Kinji avait alors rendu mythique en occident un livre qui l’est depuis longtemps sur l’archipel, le transformant en plaidoyer sur l’amitié et en critique acerbe de la société nippone.
Là où certains ne voient que fusillades et explosions à tire-larigot étalées sur 1h40 de pellicule, se cacherait donc une morale ou une philosophie qui, quoi que très simpliste, à le mérite d’exister.
Petit rappel des faits : dans un futur proche, le gouvernement japonais tire au sort une classe de collège et l’envoie sur une île. Une fois débarquée la quarantaine d’élèves est armée et doit se battre pour survivre en s’éliminant. Si l’on peut s’amuser à comparer les énormes différences entre l’adaptation et la version originale, déjà inspirée de Sa Majesté Des Mouches, on peut également regretter l’achat de ce gros pavé aux prix prohibitif qui, bien qu’occupant vos longues et monotones soirées s’avère une perte de temps abyssale.
Ce roman, typique de la construction narrative des best sellers, enchaînant actions chocs et autres rebondissements toutes les trois pages était un phénomène à sa sortie. Eh bien, avec le recul, on ne comprend toujours pas pourquoi… Les Japonais auraient-ils réellement besoin de 600 laborieuses pages pour comprendre que « le totalitarisme, c’est pas bien ». Les discours de Miss Japon ne suffiraient-ils pas ?
Certes Takami Kōshun en profite pour placer tous les problèmes très exposés médiatiquement de la fin des années 90 (prostitution adolescente, maltraitance…) mais ses personnages caricaturaux, ses retournements de situations et ses intrigues tirées par les cheveux relèvent plus du manga (version publié d’ailleurs en France chez Soleil…) que de la littérature ; comme cet élève opéré du cerveau tout bébé, après un accident, et qui a donc eu la partie du cerveau « compassion » retirée, exemple flagrant de la débilité crasse de certains passages.
Un bon livre pour caler votre bureau.
Chronique publiée dans SHINE#3
, le 1er janvier 2007
