Azumi // Azumi 2 | Kitamura Ryūhei // Kaneko Shūsuke
Azumi, le film, est l’adaptation formatée MTV d’un manga éponyme, ou le choix de Ueto Aya dans le rôle titre est parfaitement significatif : si elle est aussi peu crédible en tueuse au sabre qu’aurait pû l’être Mifune Toshirō en petite ballerine, sa présence assure une identification immédiate et rassurante auprès de l’auditoire adolescent ciblé, peu au fait d’un genre cinématographique codifié depuis des lustres.
Le support DVD permettra ensuite grâce aux bonus de masquer la qualité très moyenne de ces deux longs métrages. Les deux Azumi à partir d’une trame similaire, s’orientent vers des choix formels assez divergents. Ce n’est rien moins que Kitamura Ryūhei qui réalise l’épisode initial, on devinera aisément ce qui attend le spectateur : couleurs qui pètent, surtout le rouge vif de l’hémoglobine qui gicle de partout, montage hystérique, caméra survoltée, bref du clinquant et du tape-à-l’oeil pour faire passer un scénario qui tient sur un timbre-poste, le sentimentalisme à l’eau de rose et, surtout, la nullité de combats pitoyables opposant de jeunes bellâtres peu à l’aise et ridicules dans leurs costumes neufs et l’épée à la main. Voilà qui est un peu embêtant pour un film d’action.
A côté de ce ratage interminable où les scènes intimistes étirent leur inutilité, le second opus signé Kaneko Shūsuke, un artisan du kaijū eiga [1] ou du cinéma d’horreur, paraîtra bien tranquille et reposant. Loin du tournis cher à Kitamura, la forme est ici des plus classiques.
L’histoire reste minimaliste, les dialogues écrasant de platitude, mais l’atmosphère est plus propice à suivre les aventures de cette jolie boudeuse d’Azumi : un petit film sans la moindre surprise mais sans véritable déception non plus, vu ce à quoi on pouvait s’attendre. Ce produit calibré mais soigné qui lorgne difficilement vers Le Secret Des Poignards Volants (via le combat dans la forêt de bambous) ne fera bien entendu pas illusion face aux « vrais » films de sabre, peut-être donnera-t-il envie de découvrir ce genre à un jeune public plus habitué aux bastons sur console. Pour les autres, passez votre chemin.
Chronique publiée dans SHINE#1
, le 1er juin 2006
Notes
[1] films de monstres
